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L’ergonomie du quotidien est dans les détails.

Pour les objets d’usage courant la qualité de l’ergonomie tiens à des détails.

L’ergonomie de la dosette de céréales.

Ce matin, comme de nombreuses fois depuis que j’ai des enfants et que nous sommes en vacances, j’ai essayé d’ouvrir l’emballage de ces céréales. J’ai bien sûr attaqué en déchirant avec l’ongle, en suivant l’axe des pointillés. Je me suis assez rapidement rappelé que toute tentative dans ce sens est vaine. L’emballage très bien conçu par ailleurs ne se déchire pas. Il se déforme, s’allonge, s’étire mais ne romps point !

 

dosette : face avant.

dosette : face avant.

Normalement, Après cinq minutes à vous acharnez sur ce truc. Votre enfant commence sérieusement à mettre en doute votre capacité à ouvrir ce b… de m… et le niveau sonore augmente de manière exponentielle.

Là, une idée de génie traverse votre cerveau : « et si je retournais ce paquet ? ». La solution vous est alors révélée : « Tirez ici > » !  Il faut attaquer dans l’axe du paquet et non sur le côté. En deux secondes c’est ouvert et proprement en plus. Et voilà un enfant fier de son père qui a vaincu la dosette de céréale, tel le chasseur face au mammouth ! Comme quoi la paix des familles tient à peu de chose.

 

Dosette : face arrière

Dosette : face arrière

Un détail qui va loin.

Au quotidien, un détail peut nous embêter fort longtemps. Un libellé peu explicite, un bouton qui ne ressemble pas un bouton, des onglets qui dansent la java : cela suffit pour énerver un utilisateur surtout quand ça se produit encore et encore.

On peut faire le calcul pour une entreprise de 1 000 personnes : Une fonction courante mal placée, 30 secondes de perdu par jours par personnes sur un an (220 jours de travail).

0,5 x 1 000 x 220 = 110 000 minutes ou 1 833 heures ou 261 jours

Pour un coût journalier de 500 € par salarié (salaire+charges+local+…), cela fait 130 000 € environ de perdu, chaque année pour une fonction peu ergonomique. C’est largement plus que le prix de l’intervention d’un ergonome.

Auteur :

Consultant Freelance en ergonomie et UX depuis 1999 ! Je travaille sur de nombreux supports, des interfaces WIMP à la télévision en passant par les mobiles, le web pour le grand public ou les professionnels.

6 commentaires Ecrire un commentaire

  1. La question subsidiaire étant: « que vont faire les employés pendant ces 30s de gagnées ? ». Si c’est passer un peu plus de temps à la machine à café, l’intérêt n’est que minime 😉
    Plus sérieusement, avez vous réussi à faire fonctionner ce type d’argumentaire qui est très rarement perçu positivement par les dirigeants d’entreprise (cf ma remarque préalable !) et sur lequel il est complexe en tant que prestataire de s’engager formellement.

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    • Ce type d’argumentaire n’est pas, à mon avis, utilisable dans une optique commercial, mais c’est un élément réflexion. C’est plus la question de l’absence d’ergonomie et de ce qui en découle (perte de temps, erreur, stress, etc…) qui est posée. Il y a aussi un effet papillon à observer, un détail à priori anodin va avoir des conséquences importantes.

      Pour ce qui est du temps et des utilisateurs, il faut plus envisager la question dans un autre sens. Si une nouvelle application avec une nouvelle ergonomie permet de faire la même chose en deux fois moins de temps, à votre avis dans 6 mois, combien restera t’il d’employé ? Probablement deux fois moins.

  2. Pour ma part, je suis actuellement dans une agence où j’essaie convaincre l’équipe dirigeante qu’il faut miser de plus en plus sur l’architecture de l’info et l’ergonomie afin de l’intégrer de manière claire de le processus de construction de nos projets.
    Comment vous vous y prendriez-vous ?

    Merci pour vos conseils 🙂

    Répondre

    • Je pense que cela peut faire l’objet d’un articles en entier ! Je vais y travailler.

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