A propos de Raphaël

Consultant Freelance en ergonomie et UX depuis 1999 ! Je travaille sur de nombreux supports, des interfaces WIMP à la télévision en passant par les mobiles, le web pour le grand public ou les professionnels.

Bilan du bloc-notes, épisode 3, juin 2010

Cela fait maintenant 8 mois environ que ce bloc-notes est en route. On en est maintenant à 68 articles publiés.

J’ai de très bon retour sur l’article concernant Apple et sa méthodologie de travail ainsi que sur l’article concernant l’étude de cas sur l’EPG, même si ce dernier est beaucoup moins glamour et ne contient pas les mots « Apple, iPad, Steve Jobs » !

En préparation, j’ai sur le feu :

  • Un article sur Google TV et les x raisons de son probable échec.
  • Deux livres sur des domaines très différents (la psychologie sociale et l’équitation) à mettre en parallèle sans faire le grand écart !
  • Une expertise de l’ergonomie de ma montre GPS/cardio.

Et pour cet été, je cherche une idée pour faire une petite série d’articles de vacances.

La fréquentation globale du site connaît une baisse après un mois d’avril soutenu par la Meuhbox. Mais en dehors de ces piques de visibilité, je pense que le nombre global de lecteurs continue de progresser.

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Je ne sais pas si c’est le printemps, mais les premières retombées professionnelles de cette communication, commence à se faire sentir, avec plusieurs contacts sérieux.

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N’hésitez pas à me dire ce que vous aimeriez voir, ce que je peux améliorer !

Que faire pour battre Apple sur le terrain de l’expérience utilisateur ?

Apple par ci, Apple par là… Je suis le premier à utiliser les produits Apple et depuis de longues années (1984, sur un mac 128ko) et je reconnais bien volontiers la qualité de ceux-ci. Mais j’entends souvent aussi citer Apple comme exemple : « On voudrait faire un produit ou service avec une ergonomie à la Apple » « Il faut faire comme Apple » « Chez Apple,… ». Apple est servi à toutes les sauces lorsque l’on parle d’ergonomie et design, souvent par des gens qui ont simplement compris que c’était l’argument à la mode. Mais, on en reste à l’état du « yaka, faukon ». Non, ce n’est pas un haïku !

Dans les faits, je ne connais aucune entreprise, qui rivalise avec Apple sur ces domaines. Même si on trouve de temps en temps des produits qui sont au même niveau mais cela reste des exceptions.

Qu’est ce qui caractérise ces produits d’exceptions ?

Au lieu de fantasmer sur un produit Apple, prenons un exemple connu et décrit* précisément : la navi-key de Nokia, qui à permis Nokia d’être leader sur le marché de la téléphonie mobile pendant plusieurs années. Lire la suite

Simplexité.

La simplexité est une théorie évoquée par Alain Berthoz dans son ouvrage « La simplexité ». Il la défini de la manière suivante :

Il faut distinguer simplexité et simplicité. Dans toutes les activités humaines, scientifiques ou sociales, nous sommes à la fois émerveillés et écrasés par la complexité. D’où l’élaboration de « théories de la complexité » – et de multiples tentatives pour simplifier qui conduisent, autant dans l’étude du vivant que dans celle de la vie sociale, à une caricature. Or la biologie, la physiologie, et les neurosciences ont établi l’existence de processus élégants, rapides, efficaces pour l’interaction du vivant avec le monde. Ces processus ne sont pas « simples » mais élaborent des « solutions », des comportements rapides, fiables, qui tiennent compte de l’expérience passée et qui anticipent sur les conséquences futures de l’action. Ils sont simplexes, comme le fil d’Ariane. Ces solutions exigent parfois un « détour » – elles ont un prix -, mais donnent l’apparence d’une grande facilité. J’ai esquissé à partir d’un terme utilisé dans d’autres contextes comme la géologie, les mathématiques, le design ou l’ingénierie, une « théorie de la simplexité » afin de rendre compte de ce qui est, à mon avis, l’une des propriétés les plus originales du vivant.

Cette notion de simplexité est à rapprocher des heuristiques. Les heuristiques tendent aussi à simplifier, à raccourcir, des processus complexes pour les rendre moins coûteux à utiliser.

En conception d’IHM, nous sommes souvent confrontés à cette notion de simplexité. Il faut se rendre compte qu’une bonne ergonomie ne se voit pas. Elle est transparente pour les utilisateurs qui d’ailleurs ne s’en souviennent pas.

Un processus complexe abouti à une solution simple et qui est perçue comme « facile d’utilisation ». Il est alors courant d’avoir des réflexions du type « mais c’est évident, on aurait pu le faire nous-même, l’ergonomie c’est que du bon sens ». Mais en réalité, concevoir des choses perçues comme facile d’utilisation demande beaucoup de rigueur et un souci du détail. Un exemple récent est le travail qui a été réalisé sur les interfaces de Bloomberg pour les salles de marchés.

Source :
La simplexité (chez amazon)

http://www.science.gouv.fr/fr/a-decouvrir/bdd/res/3375/la-simplexite/

Un petit coup de Chrome OS !

Petit soucis de base de données, je dois republier, mais les commentaires ont disparu.

C’est toujours intéressant de regarder la genèse d’un OS, surtout que cela n’arrive pas tous les jours ! C’est un peu comme les volcans qui sortent de la mer.

Au sujet de Chrome OS.

Chrome OS est donc système exploitation conçut par Google, à destination des ordinateurs de type « netbook », c’est-à-dire connecté à Internet avec une faible puissance de traitement. Il sera aussi probablement destiné à une tablette multitouch, un potentiel « iPad killer »  (Oui, l’espoir fait vivre !) et d’autres support comme la télévision.

Cela nous donne la cible matérielle, mais pas nécessairement la cible « utilisateur ». Les netbooks peuvent être définis par leur usage : « is a small, low-cost, mobile computing device designed for consuming content, rather than creating new content. », donc en français, des petits ordinateurs pour consulter du contenu plus que pour en créer. C’est donc vers des usages simples que l’on se dirige.

L’interface de chrome OS.

Je vous propose un petit tour rapide de cette interface. Le but n’est pas d’être exhaustif, mais d’essayer de faire le tri entre :

  • Le standard.
  • Le déjà vu.
  • Les nouveautés.

Tout en sachant que l’ensemble de l’IHM tourne autour du navigateur Chrome et des applications en ligne Google et que c’est encore en évolution. Vous pouvez retrouver ces éléments sur le site du Chromium projects.

Le standard.

On retrouve bien sur des éléments standards des IHM. Il y a la panoplie classique des widgets.

Les widgets standards de Chrome OS.

Mais on observe aussi quelques éléments standards qui sortent un peu de leurs contextes, notamment les menus. Un menu unique par application se trouve propulsé au bout du champ de l’url.

Menu sous Chrome OS.

Cela pose la question de savoir si un service pour Chrome OS est un service web et une application classique. Comment intégrer un menu ou non dans le service ? Que mettre dans ce menu ?

Le déjà vu.

On retrouve aussi des éléments que l’on trouve déjà dans d’autres OS, comme le menu « démarrer » de Windows.

Menu application.

Le nouveau système de gestion des écrans multiples rappelle furieusement le coverflow présent depuis longtemps dans iTunes.

Mode coverflow de Chrome OS.

On note aussi la présence de nombreuses petites fenêtres correspondant à fenêtres d’état des diverses applications fonctionnant en tâche de fond. Il faut bien comprendre qu’il n’est toujours possible d’innover ou du moins de faire différents. Certaines solutions éprouvées deviennent incontournables.

Les nouveautés.

L’aspect le plus intéressant, je pense de Chrome OS est la plasticité de ses interfaces. Le but étant de permettre à cet OS de s’adapter à divers environnements matériels. C’est intégré dès les premières versions de l’OS. Par exemple, on peut passer de l’environnement classique à l’environnement multitouch. Des boutons plus gros apparaissent au-dessus des onglets facilitant la manipulation avec les doigts.

Chrome OS, mode classique.

Chrome OS mode multitouch.

Il est aussi prévu de modifier la taille de l’interface et en particulier des textes en fonction de la résolution de l’écran. C’est intéressant car ce n’est pas absolument pas prévu dans les autres OS. Un démonstrateur permet de comprendre cela.

En fin de compte ?

Pour l’instant, Chrome OS semble encore à mis chemin dans sa conception. Il y a d’excellentes idées comme la gestion de la résolution, mais il n’y a pas vraiment de parti pris en termes d’usage et d’ergonomie. On note, par exemple, la présence d’un gestionnaire de fichiers alors que toutes les données devraient être stockées en réseau sur Internet et gérées par les services. Ou encore la présence d’un menu pour chaque service,qui nous laisse hésiter entre le web et le WIMP.

Tout cela me donne encore l’impression d’un OS crée par les techniciens pour répondre à une stratégie d’entreprise. Les aspects concernant les usages et les utilisateurs ne ressortent pas clairement. Le tout donne envie de mettre quelques bons coups de serpette dans les IHM pour supprimer tous les petits bidules et se recentrer sur l’usage : « consulter du contenu ».

Concision.

La concision est un des critères heuristiques de Bastien et Scapin. Ce critère est une déclinaison des critères « charge de travail » et « brièveté ».

Définition : Le critère Concision concerne la charge de travail au niveau perceptif et mnésique pour ce qui est des éléments individuels d’entrée ou de sortie. Par convention, la Concision ne concerne pas le feedback ni les messages d’erreurs.

Justification(s) : Les capacités de la mémoire à court terme sont limitées. Par conséquent, plus courtes sont les entrées, plus limités sont les risques d’erreurs.

Exemples de recommandations :

  • Les messages fournis par le système doivent être succincts.
  • Permettre aux utilisateurs des entrées courtes.
  • Si des codes sont supérieurs à 4 ou 5 caractères, utiliser des mnémotechniques ou abréviations.
  • Lorsqu’une unité de mesure est associée à un champ de donnée, celle-ci doit faire partie du label du champ plutôt qu’être saisie par des utilisateurs.
  • Les labels associés aux objets doivent être succincts.

En pratique cela donne quoi ? un petit exemple :

  • Version longue : « Veuillez saisir votre mot de passe »
  • C’est mieux : « Saisir votre mot de passe »
  • C’est concis : « Mot de passe »

Concrètement, cela se traduit par des textes dans un style direct, sans négation, ni conjonction et des phrases courtes. Mais la concision ne concerne pas seulement les textes, elle concerne aussi, dans la mesure du possible, les saisies de l’utilisateur.

Une étude de cas : la grille des programmes, concevoir pour la TV.

Nous vous présentons ici un travail concret, une étude de cas, pour la conception d’un service sur la télévision. Ce service est la grille des programmes. La grille des programmes a pour but de présenter l’intégralité des programmes sur l’ensemble des chaînes, sur une période de temps donnée.

C’est un service courant mais qui est rarement abordé de manière satisfaisante. Pour simplifier la problématique, nous intégrons une contrainte supplémentaire, la présence des programmes en « TV à la demande » dans le passé et le futur !

La demande.

La demande s’exprimait simplement : « Concevoir un « rétro » EPG (Guide des Programmes Electronique), sur 30 jours dans le passé, 15 dans le futur, pour l’ensemble des chaînes disponibles, faisant le lien avec le direct, le magnétoscope numérique et la TV à la demande »

Dans les grandes lignes les paramètres à prendre en compte sont les suivants :

  • Il y a environ 200 à 400 chaînes sur le « plan de numérotation ». En langage utilisateur cela se traduit par « beaucoup plus de chaînes que mon usage ».
  • Une chaîne présente 30 à 40 programmes par jour en moyenne. Dans le passé, tous les programmes ne sont pas disponibles, suivant les chaînes cela varie de 0 à 80 %. Suivant les chaînes, le nombre de programmes va varier de 450 (15 jours x 30) à 1 500 (30 jours x 30 + 15 jours x 40).
  • Il faut prévoir les fonctions « voir la chaîne en direct », « voir le programme » et « enregistrer ».
  • Il faut prévoir une vue globale et une vue présentant le résumé du programme.
  • Certaines chaines n’ont pas de programmes connus (Par exemple : Luxe TV), d’autres des programmes très long (Par exemple, BFM).

Lire la suite

Toutes les commandes à porté de doigts selon Apple ?

Apple a publié un brevet concernant les gestes possibles en multitouch avec une seule main. L’idée est d’associer les fonctions classiques de l’interface (copier, coller,…) avec un certain nombre de gestes. On y trouve ainsi 41 gestes différents.

Brevet Apple : les gestes

La difficulté est alors de différencier les gestes « simples » (déplacer le pointeur) des gestes complexes. Ceux qui ont déjà utilisé un touchpad sur un mac, ont surement découvert des gestes par inadvertance. Vous laissez trainer le pouce sur le bord du touchpad et vous vous retrouvez à zoomer ou à faire tourner les photos. Le brevet présente donc un système de filtrage relativement complexe, en fonction de la position, la vitesse et de l’écartement des doigts. Ce filtre ayant pour but de supprimer les actions parasites.

Brevet Apple : filtrage des gestes.

C’est intéressant de voir comment les concepteurs organisent les gestes :

  • Les actions les plus courants (copier, coller) restent des gestes simples avec deux doigts.
  • Les actions les moins fréquentes (imprimer, zoom) nécessitent 4 ou 5 doigts ou nécessitent d’écarter les doigts.
  • Les commandes inverses (ouvrir/fermer, couper/coller) présentent des gestes inverses : rapprocher/écarter les doigts, glisser vers la droite/gauche.

Et la main de l’utilisateur ?

Est ce que c’est pertinent d’un point de vue utilisateur ? Le nombre de geste me paraît trop important pour être retenu pour un usage régulier. Les gestes sont doutes trop fins pour être réalisés sans erreurs à moins d’un entrainement important ou d’une calibration fine en fonction des mains de l’utilisateur. Pour un usage spécifique, par exemple une table de montage vidéo multitouch, ça peut être un mode d’interaction (complémentaire) intéressant, notamment en cas de collaboration.

Maintenant c’est un brevet logiciel, donc il est toujours préférable d’en mettre trop que pas assez. Cela empêche la concurrence d’avancer sur le même terrain.

Sources :

Bilan du bloc-notes, épisode 2, mai 2010.

Cela fait maintenant 7 mois environ que ce bloc-notes est en route. On en est maintenant à 61 articles publiés.

Les articles les plus lus depuis le début l’année sont  dans l’ordre :

Comme quoi, ce n’est pas toujours les billets qui demandent le plus de travail qui sont les plus en vue. Travail ingrat !

La fréquentation globale du site est en progression notamment avec les flux RSS qui sont de plus en plus suivis. Les visites progressent au mois d’avril. La publication de l’article sur la Meuhbox en étant la principale cause.

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Saisir du texte sur la télévision ?

Saisir du texte sur la télévision est un problème récurrent. Ça n’a rien d’évident et c’est souvent difficile pour les utilisateurs. C’est pourtant nécessaire dans biens des cas de la recherche d’un programme, d’un film à l’identification et ou la gestion des codes. Il existe plusieurs moyens de saisir du texte à l’aide d’une télécommande. Deux sont plus couramment utilisées : la saisie en mode SMS ou le clavier virtuel.

L’expérimentation.

L’expérimentation que nous exposons là, a pour but de déterminer quel est le moyen le plus efficient pour saisir du texte sur la télévision. Elle a été publiée, en 2006, par une équipe italienne.

Text Editing in Digital Terrestrial Television: a comparison of three interfaces.

A. Iatrino, S. Modeo CSP Innovazione nelle ICT s.c. a r.l.,

Torino, Italy {arianna.iatrino, sonia.modeo}@csp.it

Le fichier PDF (ou en local)

Le résumé nous donne un aperçu de l’étude.

The aim of this paper is to compare three different text editing interfaces for Digital Terrestrial Television. The study shows a significant relationship between users’ level of experience in text editing using mobile phone and their favourite interface. Moreover, the analysis demonstrates that there is no relationship between users’ level of experience and the editing problems they encountered.

Le plan experimental était relativement simple :

  • 36 utilisateurs :
    • des experts du mode SMS (multi-press).
    • des non-experts.
  • 3 dispositifs :
    • Mode SMS simple
    • Mode SMS avec une représentation à l’écran.
    • Clavier virtuel
  • 2 tâches :
    • la saisie d’une adresse email : « pippo@libero.com » .
    • la saisie d’un texte court : « sole e neve ».

Tous les utilisateurs passaient sur tous les dispositifs et toutes les tâches.

Les résultats.

Il est intéressant de regarder les résultats. Les deux premiers tableaux donnent le mode SMS simple grand vainqueur aussi bien pour la durée moyenne de la tâche que le pourcentage de tâches incomplètes.

Temps de réalisation des tâches.

Pourcentages de tâches incomplètes.

Ces résultats sont à nuancer par le nombre d’erreurs lors de la saisie avec le mode SMS. Mais c’est inhérent au mode de saisi et ça ne dérange pas particulièrement les utilisateurs qui disent le préférer.

Nombres d'erreurs de saisie.

La lecture de l’article vous donnera, bien sûr, tous les détails de cette expérience et notamment les résultats statistiques.

Conférences et petit déjeuné.

Deux conférences, orientée ergonomie et IHM,  à noter pour la rentrée.

Ergo IA du 12 au 15 octobre 2010 à Biarritz.

Depuis 20 ans, tous les 2 ans, Ergo IA propose des rencontres entre ergonomie et informatique. Avec toujours d’excellents intervenants. Vous pouvez retrouver ici les actes 2008.

Le sujet d’ERGO IA 2010 « Innovation, Interactions et Qualité de Vie », qui se propose d’explorer l’incidence de l’innovation sur nos interactions au quotidien et plus largement sur notre vie sociale et/ou professionnelle :

  • Innovation dans les nouvelles technologies et le monde numérique
  • Interactions humaines dans et avec les mondes réel et virtuel
  • Qualité de vie liée à la transformation des activités quotidiennes dans un contexte privé et/ou professionnel en perpétuelle évolution. Qualité de vie promise ou permise par les innovations. Qualité de vie perceptible et durable, témoignant des promesses du développement durable.

Toutes les infos sur le site : http://www.ergoia.estia.fr/

IHM 2010, du 20 au 23 septembre, au Luxembourg.

Cette conférence est plus orientée vers l’aspect IHM et informatique et un peu moins ergonomie cognitive que Ergo IA. Elle permet de voir des démarches innovantes dans le domaine des IHM.

La Conférence Francophone sur l’Interaction Homme-Machine, manifestation annuelle de la communauté des IHM, a pour but de promouvoir et de diffuser les connaissances et les savoirs du domaine, ainsi que des domaines concourants. C’est un évènement qui offre, en plus, aux chercheurs, praticiens et intéressés des Interactions Homme-Machine un temps d’échange de savoirs sur leur domaine professionnel.

Toutes les infos sur le site : http://www.ihm10.lu/

Sans oublier, le 6 éme petit déjeuné de FLUPA sur le « card sorting » (tri par cartes) le 7 mai 2010 au Luxembourg.

Dis, papa, comment on fait les interfaces ?

Ou « Ça ressemble à quoi un interface builder ? »

Et oui, quand on passe sa vie à concevoir des interfaces et à écrire des spécifications aussi épaisses qu’un annuaire des PTT qu’une notice d’utilisation d’un lave-linge, il y a un moment ou il faut passer le nez derrière la barrière ! Et là on découvre le monde merveilleux des développeurs ; Avec bien sûr un lapin qui court toujours après le temps et la méchante dame de pique.

Ce qui va nous intéresser particulièrement c’est l’interface builder, c’est-à-dire l’application permettant de construire les interfaces graphiques et de les lier, par la suite aux fonctions du programme. L’intérêt est de comprendre le fonctionnement global et ce qu’on peut faire simplement avec un tel outil. Pour illustrer cela, nous appuyons sur l’environnement de développement Apple, Xcode, et un projet d’application iPhone. Lire la suite

Le guidelines, la charte ou le guide de conception, concevoir pour la TV.

Nous avons commencé à évoquer l’IHM, en faisant le lien avec la télécommande. La télévision à la particularité de ne pas disposer d’OS (Système d’exploitation) affichant l’interface graphique. Sur les STB (les box TV) et les TV connectées, c’est un simple navigateur qui affiche les interfaces. Les constructeurs ne proposent donc rien en termes de GUI (Guidelines for User Interface , guide l’interface utilisateur). Il est donc nécessaire de le créer.

Petite parathèse, sur Windows, Mac OS X, iPhone, Symbian, et quelques autres les GUI existent. Ils sont faits par les « constructeurs ». Respectez-les ! Lire la suite

La MeuhBox™, un nouveau concept innovant d’IHM !

Pour ceux qui arrivent après la guerre ; cet article est paru le 1er avril 2010 !

Voila, un tout nouveau concept innovant de box Tv imaginé par une équipe de spécialistes et experts en design de services haptiques. C’est un concept révolutionnaire qui va radicalement changer les usages de la télévision apportant une nouvelle user expérience ! Nous vous présentons ici les premiers drafts issus d’une source proche du dossier.

Le concept.

En ces temps où le développement durable et l’écologie sont au cœur des préoccupations des clients des users, il était évident qu’un concept novateur se devait de s’appuyer sur un nouveau paradigme d’interface basé sur la métaphore de la nature et non plus sur celui du « finder » (bureau). C’est à partir de cette fantastique idée qu’est né le concept de la MeuxBox™ ! Lire la suite

La télécommande et l’IHM, concevoir pour la TV.

Nous avons vu précédemment les usages et le matériel. Il est maintenant temps de faire le lien entre les deux et donc de parler des interfaces et du principal outil d’interaction : la télécommande. L’usage observé nous indique qu’il faut proposer des interfaces simples à utiliser. Les interfaces hiérarchiques (comme celle de l’iPod) sont les plus indiquées pour cela.

Il est à noter que la navigation dans des listes sera un élément clef de l’interaction. A commencer par la liste des chaînes, la liste des VOD, la liste des programmes, la liste des enregistrements, la liste des services… Il est alors nécessaire de se demander quel est le meilleur moyen d’interaction pour naviguer dans des listes.

Quel est le meilleur moyen d’interaction pour naviguer dans des listes ?

Cette question a fait l’objet d’une étude réalisée par Cédric Bertolus et publié lors de la conférence ERGOIA 2008 (PDF, p125). Je vais brièvement la présenter car il est intéressant de découvrir cette démarche ergonomique.

Le but de cette expérimentation était de mesurer un nouveau dispositif de navigation dans les listes, le bandeau tactile, par rapport à un dispositif de touches haut-bas et à une molette de type iPod.

Trois dispositifs : molette, touche haut-bas, bandeau tactile

L’expérimentation se déroulait de la manière suivante :

« 15 listes d’éléments d’un même genre (ex. liste d’acteurs, liste de fromages) étaient présentées successivement sur un écran de télévision. L’utilisateur devait sélectionner et valider le plus rapidement possible la cible qui lui était présentée préalablement. Les 6 premières listes, qui composaient ce que nous appellerons le scénario d’apprentissage, étaient utilisées pour la prise en main. Dans les listes suivantes, on faisait varier la position de la cible qui pouvait se trouver en début, milieu ou fin de liste en la croisant avec la taille de la liste qui pouvait être composée de 150, 300 ou 600 items. »

Trois groupes de 12 personnes passent tous les scénarios. Chaque groupe passe sur un seul dispositif, pour éviter une expérimentation trop longue et fatigante. Les déplacements sont enregistrés de manière automatique par le système. Trois mesures sont prises : le temps pour atteindre la cible, le nombre d’allers et retours et le nombre d’arrêt.

Résultats de l'étude.

Même si le faible effectif ne permet pas d’avoir des résultats très marqués, on constate :

  • L’utilisation du bandeau est plus rapide sur les listes longues.
  • Les trois dispositifs ont une sensibilité fort différente face au nombre d’aller-retour. La télécommande avec les touches haut-bas est plus efficace, avec des moyennes plus basses. Mais les deux autres dispositifs ont des résultats bien moins performants qui témoignent d’un manque de précision. C’est relativement logique, les touches étant plus lentes, elles sont plus précises.
  • Le nombre d’arrêt est plus important pour le bandeau.

En conclusion, si les touches haut-bas sont souvent utilisées pour une question de faible coût, une amélioration logicielle (un effet turbo progressif) permettrait, sans doute, de meilleures performances. La mollette montre une prise en main facile et des performances très correctes. Le bandeau tactile montre les meilleurs résultats pour les listes longues mais il est encore perfectible.

Retour ou menu ?

Si vous avez un iPod, vous avez sans doute remarqué que la touche « menu » permet de remonter dans la hiérarchie de l’interface. Mais dans ce cas pourquoi ne pas l’avoir appelé « retour » (« back » ou un pictogramme) tous simplement ? La réponse est évidente une fois qu’on la connaît. L’usage principal de l’iPod est d’écouter de la musique. La majorité du temps, c’est l’écran de lecture qui est affiché. A partir de là, l’utilisateur va donc chercher à afficher le « menu » (la hiérarchie) et pas à revenir en arrière vu qu’il n’en vient pas.

Sur la TV, on se trouve dans la même situation. C’est les chaînes de télévision qui sont affichées la majorité du temps. Il serait alors tentant d’utiliser le terme « menu » ? Oui, c’est pertinent si l’organisation de l’IHM positionne la télévision comme le premier des services dans l’arborescence et si on accède directement aux chaînes (Ça, c’est indispensable, bien sur ! ).

Si par contre, vous positionnez les chaînes de télévision à part, avec par exemple une touche permettant d’accéder aux services, l’utilisation de « retour » sera préférable.

Exemple d'arborescence.

Exemple d'arborescence.

Vous allez me dire « retour » ou « menu », c’est du détail. Ce qu’il faut bien comprendre c’est que l’arborescence globale de l’interface à un impact sur la télécommande et vis versa.

Avec ou sans les « trick mode » (contrôles de la vidéo) ?

Les « trick mode » (enregistrement, lecture/pause, avance et retour rapide, chapitre suivant/précédent) sont généralement toujours présents sur les télécommandes. Mais est ce bien nécessaire de les conserver ? et si on les supprime, ça a quelles conséquences ?

Télécommande avec ou sans trick mode.

Ces fonctions sont utiles, donc si on les supprime de la télécommande, il faut les mettre dans l’interface graphique. Les utilisateurs vont les chercher. Ils vont donc procéder par essais. Le nombre de touches étant alors réduit, l’utilisateur aura donc peu de choix et se dirigera vers la touche « ok ». Il verra donc les fonctions attendues mais il découvrira aussi les autres fonctions nouvelles.

La suppression des « trick mode » a donc deux avantages :

  • Une télécommande proposant moins de choix, donc plus guidante.
  • C’est une incitation forte à découvrir les interfaces graphiques.

L’inconvénient majeur, c’est les réactions apeurées et frileuses des divers chefs face à ce type de choix tranchés.

Les touches de couleurs.

Les touches de couleurs (rouge, jaune, verte et bleue) sont souvent présentes sur les télécommandes et donc elles sont aussi présentes sur les IHM. Malgré cela ces touches sont peu adaptées à l’usage de la télévision. Elles présentent plusieurs problèmes pour les utilisateurs, mais aussi elles imposent des contraintes lors de la conception.

Par rapport au contexte d’usage de la télévision, elles nécessitent un va-et-vient du regard entre l’écran et la télécommande, saccadant l’interaction. Elles posent aussi des difficultés pour :

  • Regarder la télécommande à partir d’une attitude relâchée.
  • Percevoir les couleurs (pièce sombre, 10% d’homme daltonien)
  • Passer d’une vision de loin (la TV) à une vision de près (la télécommande), notamment pour les presbytes (à partir de 40 ans)

Elles posent aussi des difficultés lors de la conception :

  • Les touches à l’écran doivent être disposées de la même manière que sur la télécommande et conserver cette disposition même si certaines ne sont pas utilisées.
  • Les actions (ou rubrique) sont limitées à 4, une même action doit toujours être associée à la même touche, ce qui est impossible à mettre en œuvre sur l’ensemble des services.

Il n’est donc pas pertinent d’utiliser les touches de couleurs sur la télécommande et les IHM.

Les touches dédiées.

Les touches dédiées sont soit des raccourcis vers des services dédiés comme la VOD, le guide des programmes ou la TV, soit associés à des fonctions « transverses » : favoris, infos, zoom, ….

L’inconvénient majeur de ces touches est leur non-plasticité. Par exemple, une touche « favoris » ne sera pas utilisable sur la majorité des écrans mais elle sera toujours présente sur la télécommande. La même fonction, dans une interface graphique, ne sera présente que si nécessaire, sans perturber les autres écrans. De même pour des touches de raccourcis. Le service cible ne sera pas nécessairement aussi pérenne que la télécommande !

La multiplication des touches sur une télécommande entraîne un autre problème, celui du choix de la bonne touche au bon moment. Comme le précise la loi de Hick, le temps nécessaire pour prendre une décision est fonction du nombre de choix possible. Si trop de touches sont présentes, l’utilisateur mettra plus de temps à trouver à la bonne, qu’a navigué dans l’interface pour trouver la fonction ou le service souhaité.

Pour conclure.

Les conceptions de la télécommande et de l’IHM sont fortement imbriqués. Il est donc important de savoir ce que l’on veut faire en terme d’interface graphique avant de commander la production physique des télécommandes !

Source : Déplacement rapide et précis dans une interface en menus : une possibilité sur la TV, C. BERTOLUS (Orange Labs Issy-les-Moulineaux), p125. http://www.ergoia.estia.fr/documents/ACTES_ERGOIA2008.pdf

Source des photos : C. Bertolus, Orange Labs.

« Enlarge your tennis », Une bien belle expérience utilisateur !

Je voulais juste vous présenter une petite boutique en ligne, Archiduchesse.com* qui vend des chaussettes. Oui, rien que des chaussettes, mais qui le fait bien !

Pour la petite histoire, cette boutique a été créée par Patrice Cassard. Il n’en est pas à son coup d’essai vu qu’il avait créé (et revendu) le site de t-shirt Lafraise.com. Patrice, c’est un peu le Steve Jobs de St-Etienne, le Maïté du Web 2.0 ! Il n’a pas fait une grande école de commerce, mais il a tout compris au e-commerce, aux réseaux sociaux et autres blogs.

Bon alors, elle a quoi de si extraordinaire cette boutique ? He bien rien justement, ça permet juste d’acheter des chaussettes avec le sourire !

  • Le graphisme est sobre, sans éléments venant perturber la compréhension de la boutique.
  • L’accès au produit est immédiat, c’est le moins qu’on puisse dire ! Et en un clic c’est dans le panier.
  • La fiche produit est sobre et lisible. Certes c’est des chaussettes, il y a peu de choses à dire, mais certains arrivent quand même à faire un peu n’importe quoi. A comparer avec, par exemple, www.chaussettes.com.
  • Les processus d’inscription et d’achat sont classiques et propres, bien guidés. Seule la page de paiement par CB, hébergé par le Crédit agricole, dénote ! Les banques pourraient vraiment faire un effort sur ce point, ne pas présenter une interface style année 1996 et/ou permettre un minimum de personnalisation.
  • Le suivi par email, on ne peut plus classique et efficace !

On note quelques petits plus, bien placés qui font la différence. Par exemple une utilisation du javascript discrète mais pertinente. Avec un petit effet pour signifier que la chaussette est partie dans le panier ou pour afficher le contenu de celui-ci au survol de la souris.

La commande est proprement emballée dans du papier de soie avec quelques « goodies » : un autocollant Archiduchesse et un bonbon ! C’est toujours sympa et cela me fait un peu penser aux produits Apple avec un packaging superbe qui sont toujours accompagnés d’autocollants.

Je lisais récemment cet article de UX Mag avec une liste de points à respecter pour une bonne expérience utilisateur. Je pense qu’Archiduchesse approche du 20 sur 20 !

* Si vous commandez, utilisez ce lien de parrainage, ça me fera des chaussettes gratuites !