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Les IHM du quotidien.

Les interfaces sont de plus en plus présentes dans des objets du quotidien du four micro-ondes à la voiture en passant l’ascenseur. Elles remplacent des souvent des systèmes mécaniques plus anciens provoquant des changements plus ou moins pertinents.

En ce moment je suis confronté quotidiennement à une interface loin d’être parfaite, celle d’une batterie  d’ascenseur.

Clavier de l'ascenseur

L’immeuble fait 7 étages avec des demi-étages A et B ainsi que deux niveaux en sous-sol, soit 17 paliers.

  • Le rez-de-chaussée n’a qu’un palier qui peut être appelé soit en faisant « A0″ soit « étoile » comme le précise l’aide gentiment coller sur le haut du panneau. Cela s’appelle en termes savants « des traces de l’activité ».
  • Il est nécessaire de taper le demi-étage (A ou B) avant l’étage. Cela est indiqué uniquement sur un panneau au rez-de-chaussée.
  • Il y a 4 ascenseurs, une fois l’étage saisi, l’ascenseur est désigné par une lettre pendant quelques secondes. Si vous regardez ailleurs pendant ce temps-là… Vous pouvez rejouer.
  • Si l’ascenseur est déjà à l’étage et qu’il se trouve à l’opposé du clavier, une chance sur deux de ne pas avoir le temps de l’atteindre avant que les portent se ferment.
  • Si une première personnes saisi un étage « B3″ et qu’une deuxième arrive juste après pour saisir « A5″, c’est « B3A » qui sera pris en compte retournant ainsi une erreur « L’étage n’existe pas ».
  • Je ne connais pas l’utilité des boutons du bas « Groupe » et « Handicapé ».
  • Les touches 8 et 9 ne serviront jamais, mais elles sont présentes et donc augmentent le temps de saisi pour l’ensemble des utilisateurs (loi de Hick).

En résumé, au quotidien, il faut faire un effort cognitif et donc se concentrer quelques secondes pour utiliser cet ascenseur sans erreurs. On note la présence de plusieurs aides pour l’usage basique d’un objet du quotidien, c’est bien le signe d’une absence d’ergonomie. Pour améliorer l’IHM, il faudrait :

  • Permettre la saisie des étages et demi-étage dans un ordre indéterminé et si besoin attribuer d’office un demi-étage.
  • Inciter à la saisie de l’information manquante en affichant par exemple « 6 A? ». L’utilisateur a saisi « 6″ et on l’incite à poursuivre faisant clignoter le « A? ».
  • Limiter la saisie à deux caractères, ou un seul chiffre, et uniquement les combinaisons possibles. Donc « B35A » donnera l’étage « B3″ et l’étage « 5A »
  • Supprimer les boutons inutiles (8, 9, Groupe, handicapé, étoile).

Tout cela pour un ascenseur !

Auteur :

Consultant Freelance en ergonomie et UX depuis 1999 ! Je travaille sur de nombreux supports, des interfaces WIMP à la télévision en passant par les mobiles, le web pour le grand public ou les professionnels.

3 commentaires Ecrire un commentaire

  1. Bravo pour avoir déniché cette pépite de « conception non-centrée utilisateur » ! Un nouveau modèle, en plus, avec écran large ! A la limite pour les boutons 8 et 9, je comprends que le constructeur ne puisse pas se permettre de développer un système différent pour chaque immeuble qu’il équipe. Mais l’élément bloquant majeur qui m’apparaît, dès la lecture de cet article, est le concept de demi-étage retranscrit par des lettres, qui coupe l’association classique du numéro avec l’ordre d’apparition des paliers.

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    • Pour le 8 et 9, je ne sais pas combien coute une batterie de 4 ascenseurs, mais ça doit se compter en multiple de 100 k€, alors personnaliser les claviers en remplaçant 2 boutons par des caches ne me parait pas inconcevable. Mais comme vous le dites, c’est une conception « standardisée » qui néglige la situation d’usage : nombre d’étage, présence des demi-étages, saisies multiples.

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