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Les moines copistes utilisaient l’oculométrie.

Oui, il faut en arriver à cette conclusion, les moines copistes au moyen âge utilisaient l’oculométrie (eyetracking in english). La preuve ? C’est simple, ils utilisaient les même procéder que Facebook, Linkedin et compagnie pour organiser la mise en page des ouvrages.

Seconde Bible de Charles le Chauve, France, Saint-Amand, IXe siècle

Comme le montre cet article, Here’s How People Look at Your Facebook Profile — Literally, utilisant l’eyetracking sur divers sites sociaux, l’utilisateur suit la structure de la page, s’arrête sur les visuelles et les titres. C’est fantastique, c’est révolutionnaire comme découverte ! Je n’en reviens pas !

On remarque dans les ouvrages anciens, du moyen âge par exemple, l’utilisation de lettrines, d’enluminures et de visuelles pour structurer la page, conduire la lecture et agrémenter l’espace. Mais alors si les moines copistes utilisaient de telles mises en pages c’est qu’ils connaissaient l’eyetracking et qu’ils avaient réalisés de telles études ?

Par exemple cette double page pourrait rappeler furieusement l’organisation actuelle de bien des sites, ou la page d’un profil Facebook.

Anges et diables : jouer le texte, France (Nord), 1577

Je suis tombé sur cette étude par l’intermédiaire de un article de Fred Cavazza qui s’enthousiasme aux vues de tels résultats. J’ai plus le sentiment que c’est (encore) une utilisation de l’eyetracking dans un mauvais contexte, en l’absence de toutes hypothèses scientifiques qui montre des choses tautologiques.

« 100 % des utilisateurs ont tenté lire le contenu. »

Allez pour le plaisir des yeux et de la typographie !

Pentateuque avec targoum et commentaire de Rachi, Italie vers 1450

Bible latine avec la glose ordinaire : Actes des apôtres, Épîtres canoniques et Apocalypse, Paris, deuxième moitié du XIIIe siècle

Bible de étienne de Harding, Cîteaux, 1109

Les illustrations sont issues de la BNF.

Auteur :

Consultant Freelance en ergonomie et UX depuis 1999 ! Je travaille sur de nombreux supports, des interfaces WIMP à la télévision en passant par les mobiles, le web pour le grand public ou les professionnels.

4 commentaires Ecrire un commentaire

  1. (le commentaire manquant du texte). Nous lisons le contenu occidental d’une certaine façon aujourd’hui parce que nous y sommes formatés depuis des siècles… par les textes des moines entre autres. 🙂

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  2. Merci de ces belles illustrations qui nous rappellent que l’optimisation de l’affichage existe depuis des millénaires et ceci de bien belle manière. Alors qu’à l’inverse, à notre époque du tout numérique, on fait parfois usage de manière très pauvre et limitée (et tautologique comme tu le dis si bien) de technologies très poussées.

    Certaines études d’oculométrie qu’on voit circuler sont hélas souvent là pour nous montrer des choses évidentes et sans intérêt, ou tout au moins qui n’auraient pas eu besoin d’avoir recours à cette technologie pour être décrites ou démontrer.. Mais à notre époque de la suprématie de l’image on comprend que les cartes de chaleurs et autres productions de cet outil soient, par définition « tape-à-l’oeil » si je peux me permettre !

    Et c’est bien dommage. Car en effet la technique d’oculométrie peut s’avérer extrêmement intéressante et riche d’enseignements et de données quand elle est utilisée pour venir enrichir des observations, comme partie intégrante d’un dispositif d’expérimentation ou de tests utilisateur. Quand elle est utilisée dans le cadre d’un protocole bien préparé, sur des scenarii de parcours utilisateurs, pour évaluer une application, un contenu ou un site existant, réaliser des benchmarks poussés, mettre à l’épreuve des hypothèses de conception et des tunnels d’achat.

    Le plus important sera alors que l’interprétation et l’exploitation des données issues de l’oculométrie soient réalisées par un expert, un professionnel de l’ergonomie et des études utilisateur afin d’en tirer le meilleur parti, pour augmenter la performance d’un interface utilisateur et améliorer l’eXpérience Utilisateur.

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  3. Merci pour cet article qui permet de remettre en perspective les récentes analyses qu’évoque Pierre Lannes.

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