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Le matériel, concevoir pour la TV.

Pour concevoir sur la télévision, il est nécessaire de connaître les contraintes matérielles, qui sont bien différentes de ce que l’on peut trouver habituellement dans le domaine du Web, de l’informatique ou même du téléphone mobile. Plusieurs aspects rentrent en considération pour comprendre les performances des interfaces et les possibilités offertes :

  • Les tuyaux : Les réseaux ont diverses performances, ADSL haut-débit, ADSL basse performance, Fibre optique
  • Les box : Des plus anciennes, au plus récentes, elles ont des performances très diverses.
  • Les télévisions : Le parc des télévisions est très varié.
  • Les télécommandes foisonnent, les boutons aussi !

Le tout compose un ensemble complexe et hétérogène avec des performances variables.

Les tuyaux

Il existe globalement trois catégories de réseaux utilisés pour la télévision :

L’ADSL, avec un débit inférieur à 4Mo/s, en dehors des zones urbanisées, éloignées des répartiteurs. La télévision nécessite un débit de l’ordre de 2Mo/s. Chez certains opérateurs cette bande passante est réservée strictement à la télévision, chez d’autre elle est partagée. Ce faible débit ne permet pas, par exemple, de diffuser (en streaming) directement les vidéos avec une qualité suffisante, cela nécessite un téléchargement préalable en mémoire.

L’ADSL, avec des débits supérieurs à 4Mo/s, il permet des usages comme le multiposte (TV sur plusieurs écrans), le visionnage immédiat des vidéos. Mais encore avec certaines limites, notamment les temps de réponses des serveurs, pour charger certaines interfaces comme le guide de programme contenant beaucoup de données et des images.

La TV par l’ADSL est présente dans environ 4,6 millions de foyers en France.

La fibre optique, avec des débits de l’ordre des 100 Mo/s. Elle est encore très peu répandue : 60 000 foyers en France (Source : ARCEP). L’avantage majeur est la possibilité de télécharger des fichiers important en des temps records. Par exemple, une vidéo haute définition peut être visionnée immédiatement.

Un moyen de contourner les limitations des réseaux est de télécharger un maximum de données en amont dans les box quand c’est possible, afin d’y avoir accès immédiats. Par exemple, TIVO synchronise les données des EPG et de l’utilisateur pendant la nuit, lorsque les réseaux sont sous-utilisés.

Les boxs

Les boxs sont historiquement de plusieurs types :

  • A l’origine, les boxs faisaient modem TV et Internet pour certaines et uniquement modem TV pour d’autres. Elles présentaient uniquement les fonctions de bases (Flux TV, infos sur le flux,…). Elles ne pouvaient décoder qu’un flux à la fois.
  • Les boxs fournis actuellement au public présentent plus de fonctions, avec souvent la présence d’un disque dur. Des fonctions permettant d’utiliser le réseau local sont souvent présentes. Elles peuvent décoder deux flux en même temps ce qui permet d’en enregistrer un et d’en regarder un autre.
  • Des laboratoires, des boxs plus puissantes sont en gestion, avec notamment des possibilités graphiques avancées (décodage de 4 flux ou plus en même temps).
  • Les télévisions connectées sont des produits récents qui intégré directement la box dans la télévision. Par exemple, Sony propose des télévisions où la partie «box» peut être changée sans changer l’écran.

A l’origine, c’était essentiellement les FAI (Fournisseurs d’Accès Internet) qui «donnaient» des boxs. D’autres acteurs vendent maintenant des boxs sans fournir le flux TV. On peut citer, par exemple, Apple (Apple TV), FNAC (Fnacbox) ou TIVO aux Etats-unis.

Box Sagem longtemps proposée par Orange.

Ce qu’il faut retenir :

L’affichage de la vidéo est toujours performant avec des processeurs dédiés, mais les interfaces ne sont pas affichées par les mêmes circuits. L’affichage des interfaces, notamment sur les boxs anciennes, est donc souvent médiocre en termes, de performances, de taille d’affichage ou d’effets de transitions.

L’affichage est géré par couches. Il y a donc une couche pour la vidéo ou le flux TV, une pour les interfaces graphiques, une pour des éléments propriétaires (réglage du son, P+/P-, animation d’attente), etc… Le nombre de couches et leur niveau sont souvent fixes (sauf sur les modèles récents) : la vidéo au fond, puis l’interface graphique, puis les éléments. Donc pour afficher une vidéo en quart d’écran avec un texte, il faut un flux vidéo spécifique à la bonne taille et une interface, par-dessus, laissant un rectangle transparent au bon endroit.

Les interfaces graphiques sont affichées dans un navigateur, plus ou moins spécifiques. Les télévisions connectées utilisent, par exemple, des moteurs standards comme le webkit.

Les télévisions

Le parc actuel de télévisions se compose, à fin 2009, d’environ 50% de télévisions à écran plat, en 16/9. La progression est de 10% par rapport à l’année précédente. Le reste étant donc des écrans cathodiques et en 4/3. Les télévisions supportant la HD (Haute définition) forment environ 40 % du parc.

La durée de vie d’un téléviseur est de dix ans, donc on observe un taux de renouvellement de 10%, chaque année. Il faut noter que les dimensions des écrans restent stables lors du changement de matériel, ce qui est logique car la nouvelle télévision vient prendre la place de l’ancienne et donc présente un encombrement similaire. L’utilisateur change de télévision, pas d’appartement !

Le passage du 4/3 au 16/9 pour une taille de diagonale identique entraîne donc une diminution de la hauteur de l’écran, ce qui a un impact sur la présentation des informations et notamment la taille des caractères.

Les télécommandes

Généralement, il y a une télécommande pour la télévision, une pour le lecteur DVD ou le magnétoscope, une pour la box,… Le nombre de télécommandes est fonction du nombre d’appareil, mais certaines fonctions se concurrencent comme le réglage du son ou du format de l’image (16/9 ou 4/3).

Toutes ces télécommandes présentent généralement entre 40 et 60 touches différentes. Il faut savoir que le temps nécessaire pour trouver LA touche à utiliser se calcule à partir de la loi Hick. En deux mots, si il y a trop de touches de «raccourcis» cela va en réalité pénaliser l’utilisateur lorsqu’il accède l’ensemble des fonctions même les plus courantes.

Pour un usage courant une vingtaine de touches suffisent :

  • (1 touche) Marche/veille : allumer et mettre en veille.
  • (10) Pavé numérique : numéroter une chaîne et saisir des codes.
  • (2) P+/P- : Changer de chaîne.
  • (2) Volume +/-, : Régler le son.
  • (4 à 6) Navigation : Naviguer dans les interfaces (ok, retour, haut/bas, en option : droite/gauche)

Plusieurs constructeurs font actuellement des efforts pour réduire sensiblement le nombre de touches. Par exemple, le cube proposé par Canal+ propose une télécommande relativement simple. L’Apple TV (par Apple) à une télécommande encore plus simplifiée.

Télécommande du Cube de Canal+

L’interface graphique sera conçue en lien avec les possibilités offertes ou non par la télécommande. En gardant à l’idée qu’il est infiniment plus simple de modifier une interface graphique que rajouter ou de supprimer une touche sur une télécommande.

Source : ARCEP, Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes. http://www.arcep.fr

Auteur :

Consultant Freelance en ergonomie et UX depuis 1999 ! Je travaille sur de nombreux supports, des interfaces WIMP à la télévision en passant par les mobiles, le web pour le grand public ou les professionnels.

2 commentaires Ecrire un commentaire

    • Le prochaine épisode de « Concevoir pour la Tv » sera consacré à la télécommande !

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