Le bloc-notes UX ; Expérience Utilisateur http://blocnotes.iergo.fr Des usages à la conception et autres digressions autour de l'expérience utilisateurs Tue, 13 Jun 2017 12:27:55 +0000 fr-FR hourly 1 11004964 Co-concevoir un atelier de co-conception. http://blocnotes.iergo.fr/breve/co-concevoir-un-atelier-de-co-conception/ http://blocnotes.iergo.fr/breve/co-concevoir-un-atelier-de-co-conception/#comments Thu, 08 Jun 2017 16:48:34 +0000 http://blocnotes.iergo.fr/?p=5026 J’ai réalisé aujourd’hui un atelier sur le thème « Co-concevoir un atelier de co-conception ».

Les supports de l’atelier :

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http://blocnotes.iergo.fr/breve/co-concevoir-un-atelier-de-co-conception/feed/ 3 5026
CA, bénéfice et freelance http://blocnotes.iergo.fr/articles/ca-benefice-et-freelance/ http://blocnotes.iergo.fr/articles/ca-benefice-et-freelance/#comments Mon, 05 Jun 2017 10:51:11 +0000 http://blocnotes.iergo.fr/?p=5013 Lire la suite

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Je vais parler argent et vous dire comment ça se passe en tant que freelance sur une longue période. J’ai aussi quelques interrogations sur l’évolution de mes revenues.

Plusieurs personnes m’ont dit que le fait que je sois en freelance depuis de nombreuses années les ont encouragé à se mettre à leurs comptes. En fait je ne sais jamais trop quoi répondre dans ces cas-là alors je vais faire un petit topo sur 16 ans d’activité.

Je pense que mes réflexions rejoignent celle d’Hélène Schapira et de sa présentation à SudWeb « Parce que vous le valez bien« .

Parlons chiffres.

Évolution du CA, des bénéfices

Évolution du CA, des bénéfices sur 16 ans.

Et hop un petit graphique qui présente :

  • Mon CA ; Chiffre d’affaires, c’est ce que je facture et qui m’est payé.
  • Mon bénéfice ; C’est le CA moins les charges et les cotisations
  • Les charges ; C’est ce que je dépense pour réaliser mon travail : frais de déplacement, matériel informatique, logiciels, etc.… Ces frais sont relativement fixes et prévisibles.
  • Les cotisations sociales sont calculées sur la base du bénéfice (ou presque, je passe les détails sur la CSG déductible ou non) de l’année n-2 pour l’année en cours, régularisable en fonction de l’année n-1 dès qu’on la déclare. Tu n’as pas compris ? C’est normal.
  • Les moyennes glissantes sur 4 ans afin de lisser les effets yoyos (voir ci-dessous).
  • Tous les chiffres sont en euros hors taxe, donc sans la TVA qui est de 20 %, mais que je reverse tous les 3 mois. En fait la TVA est transparente pour les entreprises, ça rentre et ça sort !
  • Mon tarif journalier varie sur la période de 600 € à 1 000 € HT avec une moyenne à 700 ou 750. Donc quand je fais 70 000 € de CA, j’ai facturé 100 jours en gros et j’en ai travaillé 150 au minimum.

Alors que voit-on sur ce graphique ?

La première chose à retenir c’est le décalage dans le paiement des cotisations sociales qui entraîne un effet de yoyo, notamment si vous n’avez pas un chiffre d’affaires très régulier d’une année sur l’autre. Par exemple en 2008, j’ai fait une bonne année, puis deux années de baisses consécutives (2009, 2010) amplifié par le fait que je payais des cotisations en fonction du CA de 115 K€ de 2008, donc environ 40 K€, à l’inverse en 2011 et 2012, je me trouve à payer peu de cotisations, voir pas du tout car j’ai trop payé les années précédentes pour un CA en baisse. Il faut noter aussi 2003 qui est ma 3éme année (début en octobre 2000) je paye en gros toutes mes charges de 2001 et 2002. Ça peut surprendre, dans mon souvenir j’ai dû payer près 40 K€ sur le dernier trimestre. Par contre sur les dernières années mon chiffre d’affaires s’est stabilisé et donc les charges sont plus lissées.

Ça se traduit aussi par les chiffres suivant :

Chiffre d’affaires Bénéfices
Moyenne 78 500 € 51 600 €
Écart-type 24 100 € 28 200 €

La variabilité (écart-type) du bénéfice est plus importante que celle du CA, malgré une moyenne plus basse.

Sur l’évolution du chiffre d’affaires.

Il faut noter les 3 années avec un chiffre d’affaires supérieur à 110 000 €. ce sont des années ou j’ai eu des missions longues de 6 mois ou plus à plein temps et un reste d’année bien rempli. C’était donc généralement des missions en régie chez le client, en l’occurrence Orange/France Telecom. En début de carrière, je gagnais donc bien plus que mes collègues salariés.

Deux grandes périodes sont observables sur ce schéma, la période 2000 – 2009 avec un CA annuel de 90 000 € environ pour un bénéfice de 60 000 € et la période actuelle 2010-2017 avec un CA de 65 000 € pour un bénéfice de 45 000 €.

Mon chiffre d’affaires a été longtemps fait presque exclusivement auprès des diverses filiales d’Orange. Dans un premier temps je contractualisais directement avec Orange, puis le contrôle de gestion est passé par là, pour finalement passer systématiquement par Freelance.com. Depuis 2009 la part d’Orange dans mon chiffre d’affaires à diminuer fortement pour être proche de 20 à 30 % maximum. J’ai donc diversifié mes clients fortement. Ce changement ne s’est pas fait du jour au lendemain et c’est aussi une certaine volonté de ma part. À partir de 2007, je me suis formé au marketing et de-là j’ai mis en place une stratégie basée sur la notoriété avec l’écriture de ce blog et la participation à des conférences.

Mais alors pourquoi mon CA baisse alors que je mets en place une stratégie de communication, que mon expérience augmente et que je gagne en notoriété ? C’est une bonne question.

Pourquoi mon CA diminue malgré mon expérience ?

C’est une question à laquelle je n’ai pas forcément de réponses. Je lisais ce sujet le Forum Kob-one,  il concerne plus des graphistes mais certains témoignages rejoignent mon expérience, avec une phase très haute pendant certaines années en début de carrière, puis une phase de baisse qui se stabilise plus ou moins.

Il faut s’avoir que quoique vous fassiez votre clientèle va connaître une certaine érosion qui normalement est remplacée par de nouveaux clients. Le problème, c’est le normalement. Rien ne se passe normalement parce qu’il y a des événements incontrôlables. Un exemple simple, j’ai un début d’année très calme (8 000 € de facturer contre 20 000 € « normalement ») car des projets en vue ont été repoussés encore et encore dans l’attente du résultat des élections. Ou encore entre 2008 et 2010, ma clientèle a profondément changé.

Il faut aussi prendre en compte que je fais moins de tâches d’exécution, mais plus du lead, de l’accompagnement d’équipes, de la formation, donc les tâches que l’on me propose et que j’accepte de faire ont évolué. De même quand j’ai commencé, je faisais des applications métiers (en dur) et du web. Aujourd’hui, il faut faire du web responsive, des apps, des applications, des objets connectés, de la TV, des services, de la co-conception etc.… Le tout avec des outils qui évoluent pour certains rapidement. Par contre la part de recherche utilisateur dans mon activité à fortement augmentée. Avant de 2009, je faisais régulièrement des missions sans voir les utilisateurs, aujourd’hui je ne fais pas de missions sans voir les utilisateurs. C’est une condition préalable à mon travail.

À côté le marché de l’UX a fortement évolué attirant de nombreuses personnes plus ou moins qualifiées, par contre le management et les entreprises n’ont guère évolué. Employer un freelance pour son expertise et non pour sous-traiter des tâches ingrates, n’est pas vraiment dans les mœurs et l’idée de travailler à distance en rebute plus d’un.

Ce qui m’amène aussi au point suivant. J’ai déménagé loin de Paris et de toute manière je ne souhaitais plus faire de missions en régie. Très sincèrement, si j’acceptai encore ces conditions, il est probable que je serai pas loin de doubler mon CA et de me préparer un joli burn-out. Ma dernière expérience en régie, c’est conclu par une jolie fuite après 5 mois, j’en garde un souvenir mitigé. Ça rejoint ma remarque précédente, peu d’entreprises savent réellement travailler avec des freelances, comme elles ne savent pas travailler à distance.

À l’avenir,

Et à l’avenir, que faire ? C’est une question qui revient régulièrement en tant que freelance. Quelle stratégie appliquer à l’avenir ? Avec comme sous entendu est ce que je vais continuer à avoir du travail, maintenir mon chiffre d’affaires, l’améliorer ? Sans y perdre la santé et l’envie d’explorer ? Les pistes que j’explore actuellement vont dans le sens de travailler moins pour travailler mieux.

C’est plus précisément :

  • Donner des formations en entreprise qui sont bien rémunérées, mais ça demande remplir un certain formalisme et beaucoup de paperasses.
  • Travailler localement, sur l’Aquitaine et le pays basque.
  • Aborder de nouveaux sujets autour du design de service, de l’organisation du travail, du bien être au travail, du facteur humain.

L’idée est de moins travailler, pour vivre mieux.

Une petite photo du Pays basque pour illustrer le mieux vivre.

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Seloger.com S4E1 http://blocnotes.iergo.fr/breve/seloger-com-s4e1/ http://blocnotes.iergo.fr/breve/seloger-com-s4e1/#respond Wed, 10 May 2017 08:03:17 +0000 http://blocnotes.iergo.fr/?p=5005 Lire la suite

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On me demandait mon avis sur la page d’accueil de l’app Seloger.com, il y a quelque temps. Mon avis ayant peu d’importance, même si je le partage avec moi-même, j’ai préféré mettre l’écran d’accueil à plat et vous donner les clefs pour juger. En vert la page d’accueil sur mon iPhone SE, en bleu les zones de navigation.

Page d'accueil de l'app Seloger.com

Page d’accueil de l’app Seloger.com à plat

Quelques pistes.

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Sketchnote et entretiens http://blocnotes.iergo.fr/concevoir/les-outils/sketchnote-et-entretiens/ http://blocnotes.iergo.fr/concevoir/les-outils/sketchnote-et-entretiens/#comments Tue, 25 Apr 2017 08:28:53 +0000 http://blocnotes.iergo.fr/?p=4997 Lire la suite

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C’est une question qui se pose souvent quand on fait des entretiens à la chaîne : comment prendre en notes les entretiens et comment les restituer correctement ? On part du principe que vous avez rédigé un guide d’entretien, afin de ne pas oublier certains points mais que ce n’est pas un script à suivre bêtement.

La première solution est assez simple et c’est celle qui marche le mieux pour débuter, c’est le papier et le crayon. Le but n’est pas d’écrire tout ce dit l’utilisateur mais les idées principales et quelques citations. Le souci c’est qu’il faut ensuite remettre au propre ces notes pour les partager éventuellement avec les autres participants du projet ou les UX designers qui font passer les entretiens. Dans ce cas, l’idée qui vient rapidement est d’utiliser un document partagé pour saisir les entretiens et compléter ceux des autres si vous faites des entretiens en binôme.

Petit aparté, je préfère largement faire des entretiens en binôme, c’est beaucoup plus facile et je pense que c’est plus agréable pour la personne interviewée. Il faut se caler un peu au début et trouver le rythme à deux mais on y gagne en souplesse. l’idéale est de se distribuer les rôles avant de commencer avec un qui mène l’entretien et l’autre qui écoute, prend les notes et rebondit pour éclaircir certains points.

Pour en revenir au document partagé, on se dit rapidement que ça serait plus simple de saisir directement dans le document partagé. Le seul problème c’est que ça nécessite d’avoir un ordinateur, même si vous utilisez un portable, ça faire une barrière entre vous et votre interlocuteur. Cela n’est donc pas idéal. La version tablette n’est pas forcément mieux car c’est plus difficile de taper sans regarder le clavier et donc vous passez l’entretien les yeux sur votre tablette et non dans ceux de votre interlocuteur.

En plus, on se dit qu’on va suivre le guide d’entretien pour saisir les réponses ? Mais bien sûr ces utilisateurs à la noix, ils ne le suivent jamais ! Ils parlent de choses intéressantes sans qu’on leur demande, puis ils reviennent en arrière, voir se contredisent et font des apartés… Et voilà, le compte rendu est en vrac tout mélangé dans le guide d’entretien.

Puis c’est bien beau de prendre des notes, mais c’est pour en faire quoi ?

Que vont devenir vos comptes rendus d’entretiens ?

Bin, oui, ils vont devenir quoi ? Ces comptes rendus ? Oui, parce que dans 90 % du temps enfin 99 % voir 100 %, ils ne vont jamais être relu. Oui jamais. C’est la dure réalité de la vie d’UX designer.

Normalement, on les utilise pour faire des persona et des expériences maps. On va reprendre des infos dedans et les inclure dans les persona. Il arrive aussi que le client demande explicitement d’avoir le détail des entretiens, mais très sincèrement, je ne sais pas ce qu’ils en font et je me dis que pour un entretien exhaustif, il faut mieux avoir le fichier audio de l’entretien. Oui, ça inclut aussi les bêtises et les questions hyperpertinentes que vous dites.

Sketchnote et prise de notes en entretiens

Alors, j’ai essayé de faire autrement. Ça fait un moment que je m’intéresse au sketchnote. Et donc je me suis demandé pourquoi ne pas prendre les notes des entretiens sous cette forme ? Quand Denis Benoist était venu montrer les techniques de base du sketchnote en février, il avait dit qu’un des usages était justement de faire des comptes rendus de réunions qui soient lisibles et relues. Ça correspond exactement à ma problématique.

J’ai donc testé cela sur un projet que j’accompagne. Le projet concerne la création d’un lieu proposant des services, du coworking, de la formation en lien avec des activités artisanales et locales. Je vous présente le résultat de 3 entretiens Maïa paysagiste, Caroline artiste créatrice et Aline UI/UX Designer. Pour Maïa, vous trouverez aussi la retranscription écrite de son entretien faites par Céline Le Marc avec qui je travaille sur ce projet.

Sketchnote de l'entretien d'Aline

Sketchnote de l’entretien d’Aline

Sketchnote de l'entretien de Caroline

Sketchnote de l’entretien de Caroline

Sketchnote de l'entretien de Maïa

Sketchnote de l’entretien de Maïa

Et l’entretien de Maïa retranscrit classiquement dans le guide d’entretien.

Analyse

Je pense que mes sketchnotes sont encore trop écrits et pas assez graphique mais globalement je suis assez content du résultat. Pour Maïa qui exprimait plusieurs situations physiques, c’est en fait bien plus simple de faire un petit schéma que de le retranscrire à l’écrit. Nous avons fait les entretiens à deux et j’étais plus dans le rôle du secrétaire ce qui à facilité ma prise de notes graphique. J’aurai eu plus de mal en devant en même temps animer l’entretien, mais je pense qu’avec un peu d’expérience ça passera mieux.

Le résultat résume bien les idées majeures que j’ai retenu de ces entretiens. Il est par contre un peu difficile d’organiser l’espace sur la feuille pour garder une place pour les réflexions qui viennent en fin d’entretiens et qui sont souvent les plus pertinentes. j’ai fait ces skechnotes sur un format A4, je pense qu’un format A3 serait plus adapté pour commencer. Globalement, j’ai envie de continuer dans ce sens et faire d’autres essais car ça me parait une solution qui permet de résoudre plusieurs freins dans l’usage des entretiens.

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Quelques conférences à découvrir… http://blocnotes.iergo.fr/breve/quelques-conferences-a-decouvrir/ http://blocnotes.iergo.fr/breve/quelques-conferences-a-decouvrir/#comments Wed, 12 Apr 2017 08:49:58 +0000 http://blocnotes.iergo.fr/?p=4990 Lire la suite

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En ce mois d’avril, je vous propose quelques conférences à mettre dans vos tablettes ainsi que des appels à orateurs. Un conseil n’hésitez pas à répondre aux appels à orateurs. C’est toujours intéressant pour les organisateurs d’avoir une grande diversité de sujets et ça vous oblige à réfléchir et approfondir un sujet.

C’est parti pour les conférences !

  • Ethics by design : Le 12 mai à Lyon, une conférence sur le design et l’éthique co-organisé par DesignersÉthiques et Flupa sur le thème de ? Oui de l’éthique et du design avec plein d’intervenants pertinents.
  • Sudweb : Les 19 et 20 mai à Aix-en-provence cette année. Une conférence pour les super-héros (en devenir) avec des sujets inspirants pas toujours très techniques mais toujours pertinents. C’est une conférence adorable toujours avec d’excellents moments et de belles rencontres.
  • Les UX-Days : 8 et 9 juin à Paris. C’est THE conférence en France sur l’UX, à ne pas rater. La journée d’atelier du 8 juin est déjà pleine, mais vous pouvez encore vous inscrire à celle des conférences le 9 juin.
  • ParisWeb :  5 au 7 octobre 2017 à Paris, « la conférence francophone des gens qui font le web ». L’appel à sujets est ouvert, n’hésitez pas c’est une des meilleures conférences pour commencer à en donner.
  • Blend Web Mix : 26 & 27 octobre à Lyon, C’est une conférence qui présente une vraie diversité de sujets autour du Web, ce qui permet de sortir des sentiers battus. Si vous voulez voir d’autres métiers que le vôtre c’est le lieu. Et l’appel à conférences est ouvert !
  • Interaction 18 : 3 au février 2018 à Lyon, Grosse conférence internationale organisé par IXDA.

En bonus, vous pouvez aussi aller voir Passage en seine, du 29 juin au 02 juillet à Choisy le roi avec un appel à conférence en cours.

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Le design thinking en skechnote ! http://blocnotes.iergo.fr/breve/le-design-thinking-en-skechnote/ http://blocnotes.iergo.fr/breve/le-design-thinking-en-skechnote/#respond Wed, 22 Feb 2017 08:12:21 +0000 http://blocnotes.iergo.fr/?p=4976 Lire la suite

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Quelques mots pour résumer un processus de conception centrée sur les utilisateurs, Nous parlons de design thinking ou de processus UX, les termes changent mais les étapes sont similaires.

Description du Design thinking

Description du Design thinking

  1. La recherche utilisateur est une phase de compréhension des besoins des utilisateurs. Plusieurs méthodologies peuvent être mises en œuvre comme les entretiens utilisateurs, l’état de la recherche scientifique, l’analyse des usages existants, afin de recueillir ceux-ci. Ces recherches sont formalisées par exemple, sous la forme de personas et d’expérience map. Cette dernière permet de visualiser le parcours de l’utilisateur et d’identifier les points faibles ou forts.
  2. La phase de conception se fait avec la participation de l’ensemble de l’équipe du projet. Cette équipe peut être plus ou moins élargie aux utilisateurs finaux, notamment dans le cas de services ou d’applications professionnels. Cette phase commence par des exercices d’idéation, en s’appuyant sur les résultats de la phase de recherche. Puis l’équipe affine ces idées afin de converger vers une solution.
  3. La solution est alors prototypée de manière plus ou moins détaillée, d’une simple maquette cliquable à un prototype avancé. Suivant les cas, il est aussi possible d’utiliser des méthodes ludiques et projectives en réalisant les espaces physiques en Lego et demandant aux utilisateurs de s’imaginer vivre dedans. Les utilisateurs finaux sont confrontés individuellement au prototype. Les problèmes d’ergonomie sont relevés afin d’être corrigé. Il est aussi possible de faire passer des questionnaires normés comme l’Attarkdif ou le MeCue pour mesurer l’expérience utilisateur. Au final, soit le projet reboucle sur un cycle de correction et de conception, soit il peut être mis en production ce qui n’exclut pas des améliorations par la suite.

Le rôle du designer est donc de faciliter et de guider l’avancement du projet en choisissant les bonnes méthodes. Pour résumer, l’UX designer à la capacité́ à conceptualiser un ensemble disparate de données dans une direction singulière, celle de l’utilisateur.

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C’est quoi la différence entre ergonomie et UX ? http://blocnotes.iergo.fr/breve/motsetphrases/cest-quoi-la-difference-entre-ergonomie-et-ux/ http://blocnotes.iergo.fr/breve/motsetphrases/cest-quoi-la-difference-entre-ergonomie-et-ux/#comments Wed, 08 Feb 2017 08:37:48 +0000 http://blocnotes.iergo.fr/?p=4969 Lire la suite

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À cette question récurrente, il est important de répandre la vérité selon Raphaël :

Au commence, lors du dernier millénaire, il y avait un utilisateur devant un poste travail. C’était le temps simple de l’ergonomie.

Puis vint le prophète Norman annonçant aux humains, le temps de l’expérience utilisateur. Dieu, Steve, alors créa l’iPhone et la lumière arriva sur la terre.

Les services et les contextes se multiplièrent comme des petits pains, semant le chaos et l’affliction dans les rangs des disciples. Mais loin d’être accablés, ils s’emparèrent de cette quête et apportèrent la satisfaction et l’hédonisme aux humains.

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L’effet Janis ou quand le design thinking se plante. http://blocnotes.iergo.fr/articles/leffet-janis-ou-quand-le-design-thinking-se-plante/ http://blocnotes.iergo.fr/articles/leffet-janis-ou-quand-le-design-thinking-se-plante/#comments Mon, 06 Feb 2017 08:31:03 +0000 http://blocnotes.iergo.fr/?p=4966 Lire la suite

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Il y a un an environ je suis intervenu, pour le compte d’une agence, dans une grande entreprise semi-publique pour facilité des ateliers avec les utilisateurs finaux d’une application interne de gestion des clients, une sorte de super CRM (Customer Relationship Management). J’avais donc d’un côté des ateliers avec les utilisateurs et de l’autre des ateliers avec les chefs de projets et une partie des équipes de développement. La situation m’avait été présentée comme difficile et effectivement j’ai rapidement été menacé si je ne faisais pas ce que voulait la SSII qui avait vendu la solution, ce qui a eu assez peu d’impact sur mon travail en réalité.

Je commence à travailler, à aller voir les utilisateurs, puis organiser des ateliers sur les premiers sujets qu’il faut traiter. Ça se passe super bien avec les utilisateurs. Les chefs de projets concernés sont contents du résultat qui amène une vraie réflexion de fond. Naturellement, je me retrouve à être de plus en plus sollicité. Là, je m’aperçois de plusieurs choses :

  • Certains sujets sont traités en silos, alors qu’ils font partie d’un même sujet du point de vue utilisateurs et clients finaux.
  • Il y a dans l’outil en développement et dans le découpage prévu des aberrations en termes d’architecture de l’information. Un même contrat peut se retrouver à plusieurs endroits sous des formes différentes. Et par exemple, la consultation, la modification et la résiliation d’un contrat se font par des chemins différents.
  • Le travail avec les chefs de projets se passe très bien, mais notre travail n’est pas « compris » par les niveaux supérieurs de la hiérarchie.

Au bout d’un moment, les ateliers avec les chefs de projets prennent une étrange tournure. Les ateliers sont noyautés par la hiérarchie pour que tout se passe « bien », voir trop bien. Malgré cela, les chefs de projet dont certains sont issus du terrain, se rendent bien compte des problèmes « Mais, il va falloir 10 rendez-vous pour traiter un dossier… ». Quelque temps après la mission se conclut sur une absence de décision.

Que s’est-il passé ?

Oui, ce qui intéressant c’est de comprendre ce qui s’est passé en termes de fonctionnement du groupe. Ce qu’on peut observer c’est :

  • Des informations ont été recueillies auprès de la base, mais elles n’ont pas été écoutées.
  • Individuellement chacun fait son travail.
  • L’entreprise est fortement hiérarchisée. Le respect de la hiérarchie est fort et le groupe se connaît depuis longtemps.
  • La hiérarchie ne participe pas aux ateliers avec les utilisateurs finaux. Elle est loin du terrain.

Ces différents éléments font que le groupe va donc privilégier son fonctionnement interne à la réalisation de sa mission. Il va négliger les informations qui pourraient remettre en cause les décisions prises au début dans le choix de la SSII et du CRM. Ça permet à la hiérarchie de ne pas perdre la face et à l’organisation de continuer de fonctionner. La satisfaction des utilisateurs finaux va passer à la trappe, mais il y aura aussi probablement un autre cycle pour se trouver des excuses quand les utilisateurs montreront leur mécontentement.

L’effet Janis

En termes scientifiques, cet effet s’appelle l’effet Janis, du nom du chercheur qui l’a mis en évidence. Je cite :

 » L’effet « Janis » tendrait à se constituer lorsqu’un groupe vise à établir un consensus sur la solution la plus acceptable pour sauvegarder la cohésion du groupe et éviter les discussions susceptibles d’être sources de conflit. Un certain climat de complicité cherche à s’instaurer dans le groupe. Les membres évitent de prendre des initiatives ou de suggérer des contre-hypothèses. La solution préférée initialement par le groupe est soutenue de façon sélective. Le groupe aveuglé par ses préjugés est victime de l’esprit de corps qui tend à étouffer toute pensée critique indépendante.

5 conditions prédisposent à cet effet :

  • la cohésion élevée du groupe ;
  • l’isolement par rapport au corps social ou à d’autres groupes ;
  • l’absence de définition de la méthode dans le travail du groupe ;
  • le leadership très directif ;
  • la situation globale anxiogène et stressante.

2 symptômes principaux émergent :

  • l’illusion collective : illusions de moralité, de rationalité, d’unanimité et d’invulnérabilité du groupe ;
  • la censure collective qui s’applique à soi-même et aux autres.

4 caractéristiques signent les décisions prises par effet « Janis » :

  • la pauvreté de l’information recherchée ;
  • les biais et les distorsions dans le traitement de l’information et la définition des objectifs ;
  • l’absence de prise en compte des risques potentiels que la décision comporte ;
  • le manque de recherche d’alternatives logiques et cohérentes.

Pour qu’un groupe cohésif évite cet effet, il doit accepter les divergences, les désaccords et ne pas rejeter les arguments neufs et les solutions originales. »

Conclusion

Tous les groupes ne sont donc pas aptes à rentrer dans une démarche de design thinking. Une telle démarche peu déstabiliser des organisations. Elles ont alors le choix entre se préserver ou profiter du déséquilibre pour évoluer.

Bibliographie : La psychologie des groupes – Alain Blanchet Alain Trognon – Nathan Université

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Mon paradoxe Instagram http://blocnotes.iergo.fr/breve/mon-paradoxe-instagram/ http://blocnotes.iergo.fr/breve/mon-paradoxe-instagram/#comments Fri, 30 Dec 2016 16:02:47 +0000 http://blocnotes.iergo.fr/?p=4954 Lire la suite

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J’avais d’abord intitulé cet article « LE paradoxe Instagram » mais avec un peu de recul, c’est surtout mon point de vue de (non) utilisateur.

Pour la petite histoire j’avais essayé Instagram à ses débuts, quand c’était encore qu’une application sur iPhone sans site web, qui permettait de prendre des photos avec des filtres. Je l’avais rapidement abandonné au profit d’Hipstamatic, que j’utilise toujours même si je n’arrive pas à prononcer son nom correctement. Puis récemment, je me suis dit qu’il fallait que je m’y remette avec l’envie de partager les photos que je publie déjà sur nonrien.eu et là le drame… Enfin, j’exagère un peu, disons simplement que par deux fois j’ai créé un compte et par deux fois je l’ai supprimé dans la semaine. Je n’y arrive pas, ça me paraît mauvais et rapidement ça me saoule. J’en arrive à la conclusion suivante :

« Instagram, ce réseau où tu regardes de « superbes » photos avec une résolution moisie sur un tout petit écran… »

Puis j’ai vu passer le tweet de Pierre Olivier Carles

« Instagram is killing it more and more. Definitely the place to be right now if you’re a brand, a celebrity or an entrepreneur. »

Ce qui me met la puce à l’oreille, vu que c’est « la place où il faut être ».

Pour revenir à mes tentatives, j’ai à chaque fois ouvert un compte, puis chercher des comptes à suivre inspirant, proche de mes envies, ou au contraire assez éloigné. Bien sûr les premiers comptes proposés sont ceux de star d’Instagram et du monde réel, comme je leur porte aucun intérêt IRL, il va sans dire que c’est la même chose sur Instagram. Après quelques recherches avec des mots-clefs genre « surf » et quelques comptes glanés à droite ou à gauche, je retrouve avec des contenus proches de mes goûts. Mais c’est là le problème, si je lance une nouvelle recherche je retombe sur les mêmes contenus, encore et encore, et ce même si j’efface l’historique de recherche de mon compte.

Après sur l’aspect publication, j’utilise d’autres outils pour prendre des photos, un appareil hybride ou mon iPhone avec des apps spécialisées qui produisent des photos au maximum de la qualité possible de celui-ci. Donc Instagram ne fait pas parti de mon flux de production, mais il pourrait venir en fin comme la publication sur mon site web ou twitter. Ce dernier point pose la question de la qualité qui n’est pas à la hauteur de mes attentes avec une définition de 1080 pixels et surtout une compression jpeg pitoyable qui détruit les détails des photos.

Et encore ce matin en écrivant cet article, un tweet me redirige vers un profil Instagram. Je regarde et encore une fois je trouve ça d’un « chiant » fini. Les photos sont proprettes, le propos gentiment correct, avec une petite dose de placement produit, d’auto-promo et de chats mignons. Une grande majorité de compte se ressemble dans cette mièvritude grasse. Ça résume en trois clichés : un joli paysage, une blogueuse mode/sport/autre en pied pour montrer son look, un plat pris à la verticale et sans oublier ses pieds comme le précise avec humour cette blogueuse.

Dans une moindre mesure, j’avais constaté cette normalisation des publications sur un autre réseau comme 500px qui est spécialisé dans la photo. Les photos populaires sont assez semblables dans leurs constructions et leurs rendus manquant d’âme même si la qualité est bien meilleure que sur Instagram.

Alors pourquoi c’est « the place to be right now » d’un côté et de mon côté, je n’y adhère pas du tout…

Donc si tu es une marque, une star ou un entrepreneur, Instagram répond à quel besoin psychologique (si on peut parler de psycho pour une marque, cf. les UXcards) ? Il répond clairement au besoin d’influence et de popularité. Le ressenti que j’ai eu en utilisant Instagram, c’est d’avoir un réseau très descendant : tu publies, les gens aiment, commentent peu, sans discussions.

Ux card - influence popularité

De mon côté, je suis clairement sur des besoins de types compétences et efficacités, dans un deuxième temps sur le plaisir et la stimulation de découvrir les photos ou le travail des autres. Les autres aspects sont beaucoup moins importants, voir pas du tout.

UX Card - plaisir - stimulation UX card - Compétence efficacité

Les défauts d’Instagram concernant la qualité et le mode publication vont à l’encontre de mon besoin compétences/efficacités. La mièvritude des publications ne va guère dans le sens du plaisir et de la stimulation. Donc, j’ai bel et bien l’impression qu’Instagram n’est pas pour moi. Où alors il faudrait que je l’utilise que dans un sens, celui de faire connaître mon travail photo en publiant que mes photos sans me soucier des autres, ce qui revient un peu à un site web.

Une deuxième idée m’est venue en faisant cet article : si j’essayais de classer les réseaux en fonction des besoins psychologiques de ses utilisateurs ? Par exemple, Facebook, à l’origine du moins, est très centré sur le relationnel et l’appartenance, Linkedin sans doute sur la compétence et l’efficacité, Gens de confiance sur la sécurité et le contrôle ? Twitter ? Pinterest ?

Mais ça sera pour l’année prochaine…

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Le marché de l’UX Design en 2016. http://blocnotes.iergo.fr/articles/le-marche-de-lux-design-en-2016/ http://blocnotes.iergo.fr/articles/le-marche-de-lux-design-en-2016/#comments Fri, 16 Dec 2016 15:21:09 +0000 http://blocnotes.iergo.fr/?p=4946 Lire la suite

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Depuis mes précédents billets sur ce sujet en 2012 et en 2008, et oui déjà, le marché de l’UX Design a largement évolué. Et c’est peu dire ! Le marché de l’UX est comparable un adolescent en pleine croissance qui vient de prendre 15 cm en un an et qui ne sait pas encore que faire de ce grand corps.

Dans les épisodes précédents.

En 2008, le marché de l’UX était dans une phase d’hibernation vivant sur les restes de la bulle internet. Avec une part importante du marché tenu par les SSII, qui vendait de l’ergonome au kilo. À côté de cela des agences spécialisées en UX continuait leur petit bonhomme de chemin. On sentait frémir quelques changements avec l’arrivée de l’iPhone et des entreprises comme Orange qui se réorganisait autour du design.

En 2012, les SSII étaient en perte de vitesse. L’UX était en forte explosion, les freelances étaient sollicités par des agences qui hésitaient encore à internaliser ces compétences. Les personnes, sur des métiers proches, commençaient à monter en compétence en UX. Le design de service frémissait. J’avais dessiné ce petit schéma qui résumait la situation.

Marché de l’UX design en 2012

Depuis ça s’est légèrement affolé.

L’évolution des acteurs ?

Ça fait donc maintenant 4 ans qui sont passés depuis ce dernier constat et les cartes ont été sévèrement battues entre-temps. Je vais commencer par ce qui me semble le plus symbolique de la période actuelle.

Des agences plus ou moins grosses spécialisées dans le design de services et l’UX ont été rachetées par des grands groupes de publicités ou de conseils. Je pense à Nurun qui a été acheté par Publicis, Nealite par PWC (PricewaterhouseCoopers), Fjord par Accenture ou Yuseo par Nextedia. J’en oublie sûrement, mais l’idée derrière ça, ce sont des compétences qu’ils n’ont pas en interne sont achetés par ses grands groupes pour rester leader sur leur marché, avec plus ou moins de bonheur. En observant, l’évolution de ses rachats, j’observe deux types de comportements. Soit l’entreprise achetée est fusionnée avec celle existante, avec des fois des petits jeux bizarre avec la marque comme Publicis qui a transféré la marque Nurun à une de ses divisions sans faire suivre les compétences. Soit l’entreprise achetée reste une entité semi-indépendante avec ses équipes et ses compétences. Dans le premier cas, on observe souvent une fuite des compétences car les dirigeants n’ont pas forcément conscience de l’importance de ce qu’ils ont acheté et ces périodes de troubles sont toujours propices aux changements d’emploi. Au final, le rachat à peu d’impact sur les habitudes de l’entreprise mère qui continue sur sa route, mais elle a tué un danger potentiel. Dans le deuxième cas, ça se passe généralement mieux, l’agence rachetée garde une relative indépendance tout en profitant des moyens et des clients de l’entreprise mère. Ça ne se fait pas toujours sans vagues, mais globalement l’agence est valorisée et ses savoir-faire sont reconnus et conservés.

En parallèle de cela les agences du secteur de l’UX, fortement spécialisée comme Axance, connaissent une belle croissance. Des agences de tailles moindres comme Backstory ou Usabilis continuent aussi leurs croissances dans une moindre mesure, avec sans doute une approche plus prudente et des moyens plus faibles. Il y a là un vrai renforcement d’un noyau dur d’agences qui sont hypercompétentes dans le domaine de l’UX Design avec un historique fort autour de l’ergonomie et du facteur humain.

On a vu aussi l’arrivée de nouveaux acteurs comme UXrepublic qui a été créée il y a 3 ans et qui se spécialise dans la régie de consultants en UX pour des grands comptes. Ils connaissent une forte croissance avec le soutien du groupe qui les a financés (Les précisions d’UXrepublic). Dans le même ordre d’idée, Axance à créer une filiale spécialisée pour mettre des UX Designer en régie. Les SSII ont de leur côtés quasiment disparues du paysage, pour certaines elles conservent des petites entités autour de l’ergonomie et de l’UX mais elles sont en pertes de vitesse et peu attirantes en termes de recrutement.

Derrière cette évolution, il y a aussi une question qui n’est jamais traitée, c’est la capacité des commerciaux à bien vendre les prestations en UX. Dans les petites agences citées précédemment c’est souvent le ou la créatrice de l’entreprise qui fait office de commerciale et donc elle sait parfaitement de quoi elle parle. De même, dans les agences spécialisées, les commerciaux ne vendent que ça donc ils ont une bonne connaissance du sujet. Dans les autres cas, les commerciaux ont une connaissance approximative de l’UX et surtout ils n’ont pas les connaissances pour préciser les besoins des potentiels clients et bien analyser leurs demandes. L’UX est alors considérée comme une prestation comme les autres, voir secondaire quand il faut réduire les budgets. Ce problème de connaissance de l’UX par le client est récurrent depuis longtemps mais aussi amplifié par l’effet Buzzword de l’UX.

Il est d’ailleurs utilisé par des agences web, ou de « communication digitale 360° » pour vendre leurs soupes. Au sujet de ces agences, il faut voir que beaucoup d’entre elles sont dans des situations difficiles. Aujourd’hui, il est relativement facile de déployer un CMS comme WordPress, avec un thème pour faire un site vitrine et donc le marché de ces agences s’est fortement réduit. Ça entraîne aussi une normalisation du web, avec un déplacement des compétences vers d’autres métiers, comme développeur front-end ou community manager. Le buzzword de l’UX est alors là pour rassurer le client, mais en réalité jamais aucuns utilisateurs finaux ne voient le site ou le service.

Dans ce marché mouvant les freelances sont toujours présents. Il y a de nombreuses demandes mais une chose qui n’a pas évolué c’est que la majorité des entreprises ne sait pas travailler avec des freelances. Elles cherchent à les faire travailler dans les mêmes conditions que leurs salariés ce qui a bien sûr du mal à fonctionner. Ou alors elles les utilisent comme bouche-trou, certes le freelance est polyvalent mais l’intérêt de ce type de missions est limité. L’autre solution est de faire appelle à un freelance pour son expertise et lui faire confiance. Un des rôles clefs des freelances est la formation car ils sont disponibles pour des missions ponctuelles.

Hors de Paris, qu’en est-il ?

Oui, en dehors de Paris, il existe de l’UX ! Certaines agences parisiennes ou grands groupes comme Wax Interactive ont des agences à Lyon, Bordeaux ou Lille voir dans les pays proches. Il existe aussi des agences historiques en province comme Ludotic à Nice depuis de nombreuses années. J’observe globalement un renforcement des compétences en UX dans les agences web avec une ou deux personnes en charges de ce domaine (environ 10 % des effectifs). Les villes les plus concernées par ce développement sont selon moi, Nantes très « FrenchTech », Rennes , Bordeaux, Lille traditionnellement lié au e-commerce, les villes de la côte méditerranéenne et dans une moindre mesure Toulouse encore très liée à l’aviation. Il y a aussi l’émergence de nouvelles agences spécialisées comme Akiani à Bordeaux ou Personae User Lab à Nantes. Il faut aussi voir que l’activité des meetups autour de l’UX et du design s’est développée dans les différentes villes ce qui met en évidence dynamisme des communautés qui se forment. Il y a bien sur les meetups Flupa, mais aussi par exemple UX Rennes.

Le recrutement, la formation et les RH sont dans un radeau qui prend l’eau.

Un sujet qui est omniprésent sur le marché de l’UX est le recrutement, ce qui est lié à la formation et aussi aux ressources humaines. Le recrutement d’UX Designer compétent avec un peu d’expérience ou senior est une mission quasiment impossible. Le recrutement d’UX Designer junior n’est pas évident pour autant, car il faut qu’ils soient correctement formés dans les écoles ou à l’université, ce qui n’est pas toujours le cas. Les offres d’emploi ne sont pas forcément bien rédigées, les ressources humaines connaissant mal nos métiers. Et je ne vous parles pas des processus de recrutement à l’ancienne versus des processus plus orienté vers l’action que propose certaines entreprises.  Quand on regarde les offres d’emploi en UX, on s’aperçoit qu’une bonne part de ces annonces sont de l’UX sans Utilisateurs, c’est souvent des postes de graphistes, voir de dev-front avec un soupçon de méthodologie UX à droite ou à gauche.

Derrière ce tableau chaotique, il se dessine plusieurs choses. Les UX designers « historiques » qui ont eu un cursus autour de l’ergonomie ou du design d’interface sont particulièrement recherchés et comme je l’ai déjà évoqué il faut se cacher pour travailler. Les entreprises et les annonceurs ont commencé à monter des pôles UX en internes et elles ont donc embauché les personnes qui étaient salariées chez leurs prestataires. Les prestataires ont donc dû les remplacer pour compenser les départs et faire face à l’augmentation de l’activité. Fasse aux difficultés de recrutement, il a fallu aller chercher des UX designers plus juniors voir en formation. C’est ce qui s’est passé par exemple avec la dernière cession des UX Designers que j’ai formée en alternance. À la fin de la formation, 20 étudiants sur les 24 diplômés étaient embauchés par leur entreprise.

Pour en arriver là, je pense qu’il faudrait mieux communiquer sur les compétences en UX notamment en utilisant le modèle en T. Cela permettra aussi de faire face aux demandes qu’on voit émerger dans les pays anglo-saxons où les UX designers sont spécialisés sur un domaine donné par exemple « Recherche Utilisateur » ou « Conception de service » ou « Tests utilisateurs et validation ». Cela conduit aussi à parler de l’évolution du métier.

De l’évolution du métier.

Le premier sujet concerne l’agile et l’UX qui devrait faire bon ménage si on en croit les différentes conférences sur le sujet, sauf que la réalité un peu différente. Dans bien des cas les organisations en mode agile, incluent l’UX dans le même cycle que ceux des développements. C’est relativement inadapté, car le rythme des utilisateurs n’est pas celui des chefs de projets et ne tourne pas en boucle sur 3 semaines par exemple. On se retrouve donc dans des situations où il faut produire pour le sprint au lieu de prendre le temps de poser les choses de réfléchir de manière plus globale. Vous allez me répondre « Big picture », mais pour construire cette big picture, il faudrait avoir le temps de faire un à deux mois de recherche utilisateur ce qui rarement le cas.

La position de l’UX dans l’organigramme dans les entreprises a peu évolué. Ça reste une sous-sous-division qui n’a pas trouvé sa place dans la stratégie des entreprises. Les directions clefs sont toujours tenues par des ingénieurs et de commerciaux issus de grandes écoles qui n’ont pas de connaissances liées au facteur humain et au design. Malgré tout, certaines entreprises commencent à mettre en place des démarches basées sur le design thinking pour arriver à sortir de leurs schémas traditionnels de décisions. Donc l’UX rentre par la petite porte, sur des projets ciblés permettant de sensibiliser des équipes, voir des dirigeants sur la prise en compte des utilisateurs. Mais ces initiatives dérangent et j’ai déjà vu, plusieurs fois, des retours de manivelles assez violents où tout le travail fait avec les utilisateurs finaux a été mis à la poubelle.

Un autre phénomène, qui a été évoqué par Amélie Boucher à ParisWeb, c’est la normalisation du web et la « mort du graphisme ». Elle évoquait, à juste titre, l’utilisation à outrance de framework et de template existant pour la conception d’interfaces qui au final vont toutes se ressembler. J’ai l’impression que c’est un problème et une solution pour les UX designer. C’est une solution dans le sens où les utilisateurs vont connaître certains modèles d’interactions et il est facile de s’appuyer dessus. On sait que ça marche « en gros ». On peut donc consacrer plus de temps sur d’autres aspects comme la recherche utilisateurs et moins en conception ou alors pour affiner de la micro-interaction, des détails. À l’inverse, il ne faut pas tomber dans le piège des modèles tout fait qui font que tu reproduis la même chose que le voisin, mais pour un public différent et là catastrophes… ce n’est plus adapté. Il faut voir aussi qu’aujourd’hui un UX designer doit être compétent sur le web, le mobile, les applications classiques, les objets connectés, la TV, les services etc… Et la réalité fait que c’est plus facile de s’appuyer sur les modèles ou les guides de styles que de réinventer l’eau tiède. Donc d’un côté, on a augmentation de la complexité de périmètre à prendre compte aux dépens d’un appauvrissement sur chacun des supports.

Il faut aussi constater que le design de services qui était tendance en 2012 n’a pas vraiment pris de l’ampleur. C’est toujours sous-jacent dans la conception quand on s’adresse à tous pour des services publics, mais dans les faits la conception reste très centrée sur les interfaces numériques et peu sur les autres points de contacts. Ce qui n’empêche pas que la recherche utilisateur est bien mieux valorisée actuellement. C’était souvent compliqué de faire des entretiens utilisateurs il y a 5 ou 6 ans. Ça rentre dans les mœurs au moins dans les entreprises sensibilisées. On a plus à batailler pour aller voir les utilisateurs aussi bien en début de conception qu’à la fin.

Ce qui se développe clairement actuellement c’est toutes les méthodes de co-conception et de design comme les designs sprints. Ces méthodes ont deux avantages majeurs. Elles permettent d’avoir un premier résultat co-construit rapidement et elles permettent de sensibiliser les participants aux problématiques des utilisateurs. Ça ne remplace pas une méthodologie déployée sur le long terme pour aboutir à un projet finalisé, mais ça permet de faire une formation pratique. Les designs sprints sont d’ailleurs un excellent moyen pour faire un cahier des charges plus réaliste qu’un épais document de spécifications.

Et à l’avenir ?

Je retiendrai de l’évolution des quatre dernières années le renforcement des équipes UX chez « l’annonceur » avec une montée en puissance des agences spécialisées dans le domaine de l’UX. Il est probable que ce processus continu voir s’accélère.

Les méthodologies de co-conceptions vont permettre de faire avancer l’UX dans les entreprises et pour une part faire évoluer les processus de conceptions des projets, mais ça reste des petits pas, les un après les autres. Il ne faut pas en attendre une révolution. La formation et le recrutement restent la problématique clef à résoudre dans les années à venir.

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Organiser un UXCamp, quelle drôle d’idée ? http://blocnotes.iergo.fr/breve/organiser-un-uxcamp-quelle-drole-didee/ http://blocnotes.iergo.fr/breve/organiser-un-uxcamp-quelle-drole-didee/#respond Fri, 09 Dec 2016 17:06:44 +0000 http://blocnotes.iergo.fr/?p=4939 Lire la suite

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J’ai participé à l’organisation du premier UXCamp français avec Flupa et bien sûr à son déroulement. C’est un événement que nous souhaitions organiser depuis un moment, mais il fallait trouver le moment et créer une petite équipe motivée pour le réaliser.

Expliquer, expliquer,

La première difficulté a été d’expliquer le concept de l’UXCamp et son déroulement. Ça peut paraître évident quand on a déjà participé à ce type d’événement en « Forum ouvert » mais bien du monde ne comprend pas comment une conférence peut être intéressante sans un programme préétabli. Je ne suis pas trop étonné par ce genre de réaction, car je la retrouve dans d’autres situations. Le modèle dominant de l’organisation centralisée est trop présent pour que certains puissent accepter l’improvisation, l’aléatoire, le laisser faire. Oui, on a eu des réflexions du type « Pourquoi je me déplacerai à une conférence sans contenus ? ». Alors oui, participer à un UXCamp est un peu particulier. Certains participants étaient fatigués en fin de journée car on ne peut pas juste se poser dans un fauteuil et attendre que ça se passe. Dans un UXcamp, vous êtes nécessairement actif, il faut donner de votre personne. Mais ce sont les bonnes personnes qui sont là et donc il se passe ce qui peut se passer de mieux.

Ce qu’on a constaté c’est que ça marche ! Alors je ne sais pas si les UX designers de par leur métier et leur formation sont particulièrement aptes à proposer des sujets et à faire des ateliers, mais ça a fonctionné très bien. Au sein des organisateurs, nous avions un peu peur que le démarrage soit laborieux. Bien au contraire, les propositions ont été nombreuses dès le départ. Nous avons même poussé le vice jusqu’à laissez les participants organiser le planning de la journée. Après ça notre seul rôle a été de faire respecter les horaires et de garder un œil bien veillant sur les ateliers en cours.

Faire en sorte que ça se passe bien.

Quand on organise un événement, on a toujours à cœur que ça se passe bien. Plusieurs solutions pour cela, la première qui vient à l’esprit est de tout contrôler, la deuxième qui nous semble plus pertinente est de juste poser un cadre pour faire en sorte que ça se passe le mieux possible. Pour l’UXCamp, seul la deuxième solution est possible. Par contre, ça n’a rien d’évident de poser un cadre qui fonctionne. Là nous avons fait deux choses, que les personnes se parlent et fassent connaissance le plutôt possible et que des règles soient posées et respectées pour la journée. Dans notre cas nous avons choisi d’organiser la veille une soirée apéro et tapas avec une présentation inspirante afin que les participants se rencontrent et commencent à échanger. Et les règles sont celles des forums ouverts que nous avons présentés et répété. Nous les avons fait respecter aussi dans la mesure du possible sans être dans la contrainte. Cela a fonctionné, tant mieux, j’en suis presque étonné, c’est presque surprenant que le plan se soit déroulé comme prévu.

Mais pourquoi à Bordeaux ?

« Mais pour te faire sortir de Paris, gros nigauds. »

C’est une des remarques qu’on a eux aussi, pourquoi ne pas l’avoir fait sur Paris ? On aurait sans doute eu beaucoup plus de monde, assez facilement. Comme tous les événements Flupa sur Paris, ils sont remplis facilement en un temps record. Mais justement, nous n’aimons pas la facilité ! Je pense que les gens présents à Bordeaux étaient vraiment motivés pour venir et faire bien les choses. Je n’ai pas regardé dans le détail, mais au final au devait avoir un tiers de parisien, un tiers de « proche Bordeaux » et un tiers du reste de la France. Et donc, les personnes présentes étaient les bonnes personnes. Ça nous confirme dans ce choix de faire cet événement en dehors de Paris.

Au final

Alors c’est toujours un peu bizarre, quand vous organisez un événement, vous voyez tout mais vous n’avez pas vraiment le temps d’approfondir. C’est un peu différent dans le cas de l’UXCamp car il y a beaucoup de choses qui s’auto-organise et donc j’ai pu profiter un peu plus des différents ateliers, même si je gardais un œil sur l’heure. J’ai aussi pris le temps de faire des photos pour documenter tout cela, ça m’a permis d’avoir une idée des discussions dans chaque atelier, mais j’ai aussi vu que la règle des deux pieds n’était pas mise en œuvre. Certains participants n’ont pas osé partir de leur atelier de peur de gêner l’animateur de l’atelier. Avec plus de monde, il aurait été sans plus facile de l’appliquer.

Sinon

  • J’ai fait de jolies photos.
  • J’ai bien mangé.
  • J’ai rencontré du beau monde.
  • Je suis bien content d’avoir travaillé avec la petite équipe des organisateurs.
  • J’ai bu du bon vin et de la liqueur de thym.
  • Et je n’ai pas mangé de cannelés !
  • De … quoi ? De l’U et du X, heu
Guillaume en train de faire un atelier

Le Guillaume

The team Akaini

Tels des stars

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Mon ressenti sur Parisweb. http://blocnotes.iergo.fr/breve/mon-ressenti-sur-parisweb/ http://blocnotes.iergo.fr/breve/mon-ressenti-sur-parisweb/#comments Mon, 17 Oct 2016 18:46:47 +0000 http://blocnotes.iergo.fr/?p=4932 Lire la suite

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Je suis allé à Parisweb comme orateur pour une mini-conf et un atelier. C’est toujours intéressant de présenter un sujet même en 15 minutes. Ça permet de l’approfondir, d’aller chercher des sources et d’y réfléchir. Je crois que j’ai fait 12 minutes au lieu de 15, mais comme on était un peu en retard, ça ne s’est pas vu. Pour l’atelier, j’avais visé un peu long, il me manquait une demi-heure, « mais c’est le jeu ma pauvre Lucette ».

Mais je ne vais pas revenir sur mes interventions, ni sur une conférence en particulier. C’était très bien. L’accueil des orateurs est adorable. J’ai passé un bon moment.

En fait c’est le « problème »c’est qu’il n’y a pas de problème. Donc je n’arrive pas à me souvenir d’un moment particulier. À part Elie en train de galérer lors des lightning talk. Oui c’est un peu bizarre, c’est passé comme une lettre à la poste.

J’ai croisé les gens que j’avais l’habitude de voir, rencontré quelques personnes nouvelles. Mis des noms sur des pseudos twitter (ou l’inverse). Discuter de truc sympa.

Une année de transition.

Voili, voilà.

Bordel ! À Parisweb, on doit conquérir le monde, faire reculer le vil navigateur et les mauvaises pratiques. Pourfendre le startuper winner, faire le Web de demain et d’après demain contre ceux qui en parlent. On ne doit pas ressortir de là content, mais énervé prêt à tout péter ! Gonflé à bloc, prêt renversé son bureau sur la gueule de son chef en criant « Tu sais ce que j’en fais de ces pratiques de merde, tu peux [bip…] » et le finir à coups de clavier dans les genoux.

Alors oui, j’ai envie d’un Parisweb qui prend des risques, qui nous perd, qui nous retrouve, qui déboussole, qui déboîte ! Ça peut passer par le format : par exemple des ateliers le matin et une session de conférences l’après-midi. On peux aussi réduire le nombre de participants pour faciliter les rencontres. Il faut donner envie de découvrir, de faire autrement et sortir des sentiers battus et d’être des pionniers, d’aborder des sujets jamais abordés. De faire le web d’après demain.

Ou j’ai perdu la foi ?

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http://blocnotes.iergo.fr/breve/mon-ressenti-sur-parisweb/feed/ 6 4932
« Comment doit-on vous appeler ? » ou concevoir pour tous. http://blocnotes.iergo.fr/concevoir/comment-doit-on-vous-appeler-ou-concevoir-pour-tous/ http://blocnotes.iergo.fr/concevoir/comment-doit-on-vous-appeler-ou-concevoir-pour-tous/#comments Wed, 05 Oct 2016 08:47:40 +0000 http://blocnotes.iergo.fr/?p=4924 Lire la suite

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Lors du dernier Parisweb une conférence informelle avait pour sujet « pour un Web plus inclusif ». Une petite restitution a été faite sous la forme d’un lightning talk à la fin.

Je n’utiliserai pas le terme « inclusif » qui est trop connoté. Je préfère largement parler de conception pour tous ou « Design for all » in english, cela permet aussi de réfléchir aux situations qui sont transitoires, liées par exemple à l’âge ou un handicap temporaire et ne pas se limiter à des catégories figées (et ça évite de faire des catégories).

Dans les exemples restitués, il y avait le fait de mettre un seul champ pour le nom et le prénom car le découpage nom/prénom correspond au standard français mais pas forcément aux autres pays. Le problème est intéressant mais il est un peu plus complexe que ça. Déjà il faut aussi inclure le titre ou la civilité pour être exhaustif. Et en fait ça revient à poser la question « Comment doit-on vous appeler ? »

Prenons la civilité, actuellement sur les formulaires de l’administration vous ne pouvez plus que saisir M. ou Mme et plus Mlle. Mais certaines femmes préfèrent être appelées Mademoiselle et les Anglo-Saxons utilisent beaucoup le titre : Me, Sir, Pr, Dr, etc… Ma grand-mère tenait à recevoir ses lettres avec « Madame André Yharrassarry » (Madame, suivi des prénom et nom de son époux).

D’un point de vue pratique, s’il y a un seul champ, je fais le pronostic (je dirai 10 à 20 %) qu’une partie non négligeable de la population va saisir une information partielle ou erronée, comme uniquement le nom ou le prénom mais pas les deux. Il est aussi probable que les remplissages automatiques fonctionnement moyennement. Donc en voulant une réponse universelle ont exclus une autre partie sans doute plus importante de la population. C’est ce qui arrive quand on conçoit pour des cas particuliers en oubliant le cas nominal.

Est-ce qu’il est possible de trouver une solution satisfaisante pour tous ? Sans doute pas à 100 % mais par exemple on peut proposer des champs non bloquants civilité, prénom et nom qui correspondent aux standards de la population cible et/ou à l’état civil du pays concerné et un dernier champ « Comment devons-nous nous adresser à vous ? » dans un contexte d’usage : « Bonjour (civilité nom prénom ajoutés automatique mais modifiable), nous vous souhaitons la bienvenue ». Un message d’erreur vient alerter l’utilisateur qui n’a pas saisi un champ sans pour autant le bloquer. De toute manière si vous bloquez, ça sera rempli avec des « fsdgzerzg » !

Exemple de formulaire.

Exemple de formulaire.

Formulaire pour saisir l'identité

Solution possible pour saisir le nom et le prénom

Vous allez me dire, mais la dernière saisie pourrait se suffire à elle-même ? Dans le contexte d’un formulaire simple ce n’est pas forcément compris par l’utilisateur, ce n’est pas assez guidant. Les formulaires en langage naturel sont généralement plus adaptés à l’expression d’une situation un peu complexe et voir conditionelle où les phrases s’enchaînent logiquement.

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http://blocnotes.iergo.fr/concevoir/comment-doit-on-vous-appeler-ou-concevoir-pour-tous/feed/ 4 4924
La phase exploratoire en UX, ParisWeb 2016 http://blocnotes.iergo.fr/breve/la-phase-exploratoire-en-ux-parisweb-2016/ http://blocnotes.iergo.fr/breve/la-phase-exploratoire-en-ux-parisweb-2016/#comments Mon, 03 Oct 2016 12:10:05 +0000 http://blocnotes.iergo.fr/?p=4921 Samedi dernier, j’ai animé un atelier (trop court) sur la phase exploratoire en UX.

Je vous propose de téléchargez le support de cet atelier.

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http://blocnotes.iergo.fr/breve/la-phase-exploratoire-en-ux-parisweb-2016/feed/ 6 4921
UX & éthique http://blocnotes.iergo.fr/articles/ux-ethique/ http://blocnotes.iergo.fr/articles/ux-ethique/#comments Thu, 29 Sep 2016 10:25:49 +0000 http://blocnotes.iergo.fr/?p=4900 Lire la suite

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Cliquer pour visualiser le diaporama.
  1. Bonjour, je vais vous parlez d’UX et d’éthique.
  2. Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis Raphaël yharrassarry et je travaille comme UX designer, Psychologue, en freelance depuis le dernier millénaire.
  3. Pour commencer, je vais vous faire une confidence « I am not Mike Monteiro ». Je ne vais pas vous expliquer que vous allez détruire le monde ou que vous avez la responsabilité de sauver l’humanité. Non, je vais juste vous parlez des problèmes d’éthique que j’ai rencontré dans mon quotidien d’UX Designer.
  4. Est ce que vous connaissez le temps moyens de lectures des CGV ? Conditions Générales de ventes. Non ? C’est 7 secondes. Alors la loi, le code de la consommation a pris ça en compte et maintenant vous devez rendre facilement accessible les CGV et les rendre téléchargeable sur un support durable.
  5. Donc sur un projet pour une grande entreprise qui fait de la vente en ligne, je devais reconcevoir le tunnel de commande. Je suis aller voir le service juridique pour qu’il m’explique cette loi et en comprendre l’esprit, je suis aussi aller lire la loi (oui, le truc personnes ne fait) Et j’ai travaillé avec eux en proposant une maquette qui semble convenir à ces contraintes juridiques et aux besoins des utilisateurs. Le tout avec suffisamment de transparence pour les utilisateurs.
  6. Mais le projet a continué, le service juridique disparait dans les limbes de l’entreprise, le marketing et l’habitude font leur travail de sape. On en retourne aux grand classiques. Probablement pas respectueux de la loi. Que faire dans cette situation ? Essayer de réexpliquer, de bloquer la conception pour une étape sur l’ensemble du tunnel de commande ? Est ce bien raisonnable ? Dans ce cas, j’en suis réduit signaler le problème vis à vis de la loi, dans le document de conception, et après chacun prend ses responsabilités.
  7. Dans le cas des CGV, la loi était de mon coté, mais ce n’est pas toujours le cas. Prenez le cas des messages d’informations sur les cookies, c’est une obligation légale, et pourtant c’est une plaie pour les utilisateurs, notamment sur mobile où la notification vient prendre tout l’écran. Alors que faire ? Respecter la loi à la lettre ou respecter les utilisateurs ? Je n’ai pas forcément la réponse.
  8. Un autre cas. J’ai été appelé pour travailler au sein d’une grande entreprise pour intervenir sur la conception d’un nouvel outil pour les conseillers, les vendeurs. On a mis en place une méthodologie basé sur des ateliers de co-conceptions et des observations. Bien-sur ça a fonctionné, les conseillers participants activement aux ateliers, on a vite fait apparaitre des problématiques importantes qui remettait en cause les planning des développements. Je vous passe la phase où la direction a pris la main sur les ateliers pour arriver des NON-ateliers de NON-conception et anesthésier le sujet.
  9. Oui, on avait été appelé un peu tard dans le processus, et autre chose avait été vendu en termes fonctionnel. On provoquait donc un conflit d’intérêts entre la SSII qui avait vendu une solution, la direction de l’entreprise et les utilisateurs finaux. Un conflit dans lequel nous n’avions pas de pouvoirs, pas d’appuies pour faire évoluer le rapport de force… Le salut est venue dans la fuite.
  10. Une fois dans une série d’entretiens exploratoires pour la reconception d’un service public avec les utilisateurs, je commence l’entretiens classiquement. Là rapidement je m’aperçois que la personnes à visiblement des problèmes de paranoïa, au sens clinique du termes. Elle commence à me dire que ses voisins l’espionne, la surveille, lui veulent du mal parce que c’est une mafia de dealer, avec propos plus au moins racistes. Et que la terre entière lui en veux. De là paranoïa. En entretien, ça n’est pas utile de continuer car on va rien apprendre sur le sujet qu’on souhaite aborder, mais il faut quand même conclure courtoisement l’entretien, sans brusquer la personne. Ça laisse à réfléchir, si je veux parler d’accessibilité, si je veux concevoir pour tous, Faut il aussi concevoir pour cette personne ?
  11. Il existe au niveau de UXPA (L’association des professionnel de l’eXpérience Utilisateur) un code de conduite destiné aux UX designer qui se décline en 7 point. Je n’ai pas forcément le temps de détaillé les point mais reprenons les 3 cas précédant.
  12. « induire délibérément en erreur les personnes » c’est visiblement ce qui à été fait dans le cas des CGV. Alors comment réagir ?
  13. Accepter un contrat ? Mais quand le contrat est déjà accepté, et que l’on s’aperçoit que la situation est biaisée ? Que faire ?
  14. Se trouver en entretiens avec une personnes ayant déjà une pathologie même légère est ce que ce n’est pas déjà un stress excessif ? Ce qui est intéressant là, ce n’est pas forcément les situations qui se présent mais c’est quelle attitude, quel comportement on peut adopter lorsque ces situations se présentent. Le code de conduite dis ce que vous ne devez pas faire, mais pas comment se sortir de situations où l’éthique est mise à l’épreuve. Et ce n’est pas sur le moment que vous aurez le temps d’y réfléchir, donc je vous invite à y penser maintenant.
  15. Ce que j’en retiens, personnellement, je dis bien personnellement parce que ce je n’ai pas forcément les bonnes solutions. C’est qu’il faut savoir dire non, tout en ouvrant des portes, des possibles. Savoir partir d’un projet, et renoncer pour ne pas se compromettre, même si ce n’est pas forcément évident car ça peut créer d’autres problèmes, financier ou contractuel.
  16. Dans l’idéal, je vous invite à être bienveillant en tout temps, avec les utilisateurs finaux, mais aussi avec les équipes et les clients.
  17. Pour les questions, déjeunons ensemble !
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Probabilité et psychologie sociale http://blocnotes.iergo.fr/articles/probabilite-et-psychologie-sociale/ http://blocnotes.iergo.fr/articles/probabilite-et-psychologie-sociale/#comments Fri, 19 Aug 2016 14:31:04 +0000 http://blocnotes.iergo.fr/?p=4889 Lire la suite

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Attention, je vous invite à lire l’ensemble de l’article avant de réagir et de sur-réagir !

Je vous propose un sujet un peu en dehors du cadre de l’expérience utilisateur pure et dure sur un domaine tout aussi intéressant qui est la perception des comportements.

À l’origine de cet article, il y a plusieurs interventions sur internet et sur twitter qui m’ont interpellé et qui avec un peu de recul rentre dans le même cadre théorique de la psychologie sociale et des probabilités. Ces situations se caractérisent par un exogroupe (Des personnes ne faisant pas parti du groupe) qui porte un jugement sur le comportement d’un endogroupe (Groupe d’individus partageant une même caractéristique). Il faut savoir que constitué des groupes, avec leurs comportements, est très facile. Il suffit, par exemple, de faire passer un questionnaire, de jeter les résultats et de répartir aléatoirement les gens dans les groupes et hop vous avez des groupes qui se comportent comme tels !

Les sujets en question portent sur l’actualité ou des sujets de sociétés. Le but n’est pas de porter un jugement sur les personnes ayant émis ces réflexions mais de comprendre les mécanismes qui conduisent à ces réflexions et aux réactions à celles-ci. Oui, c’est en deux temps, voir trois ou quatre.

La première concerne les violences sexuelles faites aux femmes :

« C’est pourquoi toutes les filles sont obligées de considérer leurs interactions avec des hommes comme un potentiel violeur, oui. »

et cite ces données http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/violences-de-genre/reperes-statistiques-79

« Imaginez que 10 % (ou 20 % suivant les citations) des M&M’s sont empoisonnés. Allez-y, mangez une bonne poignée, tous les M&M’s ne sont pas empoisonnés ! »

Issue d’une campagne contre les violences sexuelles faites aux femmes comparant les M&M’s et les hommes.

Il y a aussi les nombreuses déclinaisons autour du terrorisme, avec l’assimilation Fiché S/Terroriste ou Musulmans/Terroriste et que Laurel a illustrée sur blog

On observe aussi variante plus légère autour du jeux Pokemon Go et député qui voudrait légiférer, ce qui rappelle ce qui se passait avec à la sortie de Word Of Warcraft ou avec les jeux de rôles dans les années 1980–90. Oui, il y avait des lobbies qui voulaient interdire les jeux de rôles aux États-Unis sous prétexte que des joueurs avaient commis des crimes.

La problématique est donc comment passe-t-on d’une probabilité à une généralisation au groupe ? Je vais donc vous parler de probabilité et des phénomènes de psychologies sociales.

Un peu de probabilité

On va commencer simplement par cette affirmation-là

« Imaginez que 10 % (ou 20 % suivant les citations) des M&M’s sont empoisonnés. »

pour essayer de calculer la probabilité de survivre en mangeant 9 m&M’s

Vous en mangez un premier vous avez 9 chances sur 10 d’en sortir vivant. Il n’y en plus que 9 dans le paquet et donc 8 chances sur 9, puis 7 sur 8, jusqu’au dernier.

(9/10) x (8/9) … (1/2) = 0,1

Donc vous avez 10 % de chance de survivre en mangeant 9 M&M’s. Au dixième bien sûr, vos chances tombent à 0 %. Vous pourriez faire l’inverse en choisissant un M&M’s, dire qu’il est empoisonné et avaler les 9 autres d’un coup.

Sauf que la vie n’est pas un paquet de M&M’s ni une boîte de chocolats. Si une interaction sur dix entre un homme et une femme se terminait par un viol toutes les femmes sans exceptions auraient été violé et plusieurs fois (par jour).

Pour la suite, je définis « une interaction » comme la présence dans un même lieu d’un homme et d’une femme sans possibilité d’ignorer la présence de l’autre.

Alors reprenons les données statistiques disponibles ici :

http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/violences-de-genre/reperes-statistiques-79

  • 16 % des femmes déclarent avoir subi des viols ou des tentatives de viols au cours de leur vie.
  • 1 jeune femme sur 10 de moins de 20 ans déclare avoir été agressée sexuellement au cours de sa vie.

C’est sans doute à partir de là qu’une analogie avec les M&M’s est établie, mais il y a confusion entre la probabilité pour Une tentative/interaction et le résultat après N tentatives/interactions (N étant le nombre d’interaction durant la vie).

  • Entre 2010 et 2012, 83 000 femmes sont victimes de viols ou tentatives de viols par an.
  • En 2011, 3 742 viols ont été commis (et condamné) à l’encontre de femmes.

Il y a des définitions précises du viol, de l’agression sexuelle et donc des statiques qui se basent sur définitions en prenant en compte celle déclarées ou non, condamnés ou non.

En prenant en compte que la population en France soit 34 000 000 femmes

  • La probabilité qu’une femme soit victime de viols ou de tentatives de viols par an serait de 1/400. (Soit sur une vie de 80 ans, 80/400 ou 20 %, on retombe sur un chiffre proche des 16 % du début.)

Sauf que même en écrivant ça, et en essayant de revenir au M&M’s ce n’est toujours pas 1 M&M’s sur 400 qui serait empoisonné. En fait pour être le plus précis possible en termes de probabilité, il faut prendre en compte toutes les interactions qu’a une femme dans une année/une vie pour calculer la probabilité qu’une interaction finisse en agression, sans parler qu’une femme peut être agressée plusieurs fois et qu’un homme peut agresser plusieurs femmes.

On peut faire l’analogie avec la sécurité routière, il faudrait prendre en compte toutes les fois où vous croisez une voiture pour évaluer la probabilité d’avoir un accident ou non et d’être blessé ou tué. En pratique c’est impossible. L’analogie avec la sécurité routière est assez bonne car les risques sont assez semblables : 3 461 morts/an et 70 802 blessés/an.

Il faut retenir qu’établir une probabilité valide où simplement significative (Ex : ça arrive 1/x fois) est quasi impossible. La vie réelle présente trop de facteurs pour qu’ils puissent tous êtres pris en compte pour prédire un moment précis. On reste donc sur des statistiques globales qui présentent le nombre d’occurrences pour une population donnée sur une durée, mais rien d’un point de vue individuel.

Premier et deuxième effets pas cool.

Le premier effet observé de la difficulté à établir ces probabilités est que l’on a des approximations et des généralisations. Je vous propose une petite expérimentation, attention ça pique :

Cas A — Une femme dit « C’est pourquoi toutes les filles sont obligées de considérer leurs interactions avec des hommes comme un potentiel violeur, oui. »

ou dans le cadre de la sécurité routière

Cas B — Un homme dit « Femme au volant, mort au tournant »

Le deuxième effet vous venez sans doute de le vivre en lisant ces deux affirmations.

  • Soit vous êtes un homme et vous vous êtes sans doute offusqué du cas A « Non, moi jamais, c’est faux » et vous avez compati, voir acquiescé au cas B.
  • Soit vous êtes une femme et vous vous êtes sans doute offusquée du cas B « Non, moi jamais, c’est faux » et vous avez compati , voir acquiescé au cas A.

Je n’ai pas choisi ces phrases au hasard, et la construction est la même dans les deux cas. Une personne de l’exogroupe généralise au groupe un comportement minoritaire de l’endogroupe. Et vous faites partie de l’un des deux groupes.

Explications et psychologie sociale

Maintenant essayons de comprendre ce qui se passe dans ces différents cas. Pour cela, on va s’appuyer sur quelques mécanismes mis en évidence par la psychologie sociale. Il faut savoir que ces études ont initié après guerre pour comprendre les mécanismes qui ont pu mener à la montée du nazisme. Depuis, elles ont été affinées, confirmées, expliquées. Vous trouverez plus détails et les sources sur ce site.

Je vais vous expliquer quatre de ces mécanismes à l’œuvre dans les exemples vu ci-dessus.

  • L’erreur fondamentale d’attribution
  • Corrélation illusoire
  • « Brebis galeuse »
  • Prophétie auto-réalisatrice

L’erreur fondamentale d’attribution

Déjà une attribution causale est le processus qui amène un individu à expliquer un événement, une action pour lui-même ou pour les autres. Par exemple, si vous perdez un match de foot, vous pouvez à l’attribut à vous même (interne) « On est mal entraîné », ou à un facteur externe « l’équipe adverse est bien meilleure »

On a donc :

  • l’endogroupe auquel on appartient et l’exogroupe (L’équipe adverse, le reste du monde)
  • des causes externes ou internes.

L’erreur fondamentale d’attribution est donc la suivante :

  • Chez les membres de l’exogroupe, un comportement positif sera attribué à des causes externes et un comportement négatif, à des causes internes.
  • Chez les membres de l’endogroupe, l’inverse.

En reprenant l’exemple du match : Si on gagne c’est parce qu’on est bon, si on perd c’est parce que l’arbitre est vendu.

Ce phénomène est renforcé si :

  • Il y a un conflit intergroupe de longue durée (conflit historique). Ex : PSG/OM
  • L’appartenance groupale est visible. Ex : Bleu foncé / Bleu clair à rayure
  • Il y a des forts préjugés vis-à-vis de l’exogroupe.

Les conséquences sont :

  • Maintien de l’image positive de l’endogroupe.
  • Maintien du conflit intergroupe : renforcement des préjugés et production de prophéties auto-réalisatrices.
  • Évitement de la menace par l’éradication de l’exogroupe et donc justification des actions violentes envers l’exogroupe.

Vous commencez à comprendre ? Un deuxième pour la route.

Corrélation illusoire

La corrélation illusoire est la tendance des gens à percevoir une corrélation entre deux classes d’évènements qui en réalité ne sont pas corrélés ou d’une façon moins importante que ne l’estiment les gens.

On peut l’appliquer à la formation des stéréotypes. Dans ce cas, les comportements les plus visibles sont ceux indésirables. Ils vont donc être amplifiés aux dépens des comportements normaux ou désirables. L’endogroupe va avoir tendance à surestimer le nombre de comportements indésirables réalisés par l’exogroupe.

Dans le cas de la conduite routière, on va surestimer les mauvais comportements des autres, c’est le cas par exemple avec les « motards qui conduisent tous comme des fous » pour les automobilistes non-motards.

« Brebis galeuse »

L’effet brebis galeuse à pour objectif de valoriser l’endogroupe.

Il implique que :

  • Les sujets évaluent plus négativement un membre antipathique de l’endogroupe qu’un membre antipathique de l’exogroupe.
  • Les sujets évaluent plus positivement un membre sympathique de l’endogroupe qu’un membre sympathique de l’exogroupe.

Donc on favorise l’endogroupe et on a tendance à dévaloriser un membre de l’endogroupe antipathique, voir à l’exclure. Cela permet donc en tant qu’individu de renforcer son statut social par l’intermédiaire de son endogroupe.

D’où les réactions que l’on a vues plus haut, quand je lis « tous les hommes sont potentiellement des violeurs » je vais avoir tendance à créer une catégorie « violeurs » dont je ne fais pas parti et dont je vais dire beaucoup de mal. Ça me permet de valoriser le groupe des « hommes biens » dont je fais partie et d’exclure les violeurs.

Prophéties auto-réalisatrices

Les prophéties auto-réalisatrices sont le fait qu’une personne ayant initialement adapté des croyances erronées à propos d’un individu amène cet individu à se comporter de telle sorte qu’il confirme ces croyances.

Une petite observation de Twitter et tombe sur le schéma suivant :

  • A : « Tous les B sont des cons » — Comportement attendu
  • B : « Pas un A pour en rattraper un autre » — Comportement de la cible
  • A : « J’avais bien raison » — Confirmation et renforcement du stéréotype

Les études sur le sujet sont nombreuses. Une d’entre elle consistait à faire faire un test de QI (Quotient Intellectuel) à des élèves, puis à jeter les tests sans les avoirs dépouillés. On attribuait alors aléatoirement un score aux élèves et on annonçait publiquement les résultats. Un mois après les élèves avec un « bon QI » voyaient leurs notes s’améliorer et ceux avec un « mauvais QI » voyaient leur moyenne baissée.

Conclusions

Les 4 processus expliqués ci-dessus peuvent bien sûr se combiner en plusieurs temps.

Si on reprend l’exemple de base :

  • B : Un B fait le con (ou on rapporte qu’il a fait le con).

L’erreur fondamentale d’attribution et la corrélation illusoire s’appliquent ce qui donne :

  • A : « Tous les B sont des cons et c’est de leur faute, il ne faut pas leur trouver d’excuses »

L’effet de Brebis galeuse se met en route, avec la prophétie auto-réalisatrice

  • B : « Pas un A pour en rattraper un autre, c’est faux, les cons ne sont pas des B »

La prophétie se concrétise, les stéréotypes se renforcent.

  • A : « J’avais bien raison, Tous les B sont vraiment des cons »

L’erreur fondamentale d’attribution et la corrélation illusoire marchent à plein.

Revenons aux probabilités, on voit là que les probabilités jouent dans la perception entre les groupes, mais pas de manières rationnelles. Il faut se replacer du point de vue d’un individu percevant un ensemble des groupes sociaux dont il fait partie ou non. Il va percevoir ou ressentir certains comportements et suivant l’origine, la fréquence et la valorisation de ceux-ci. Il va les amplifier ou les négliger, le tout dans un contexte social.

Alors que faire pour modifier cette perception et éviter le cycle ci-dessus ? Il faudrait être en mesure d’influencer les comportements (ce qui fera évoluer les idées et pas l’inverse). Plusieurs solutions peuvent se présenter suivant le cadre et la taille du groupe :

  • Donner un objectif qui ne peut être réalisé qu’avec la collaboration de tous. Ça va réduire les effets de groupes pour constituer un groupe unique qui a réussi l’objectif.
  • Poser un cadre bienveillant qui permettra le respect et l’évolution de chacun malgré/grâce à leurs différences.
  • Des leaders exemplaires, par imitation les suiveurs vont adopter leurs comportements (ça marche dans les deux sens malheureusement).
  • Modifier la loi et la faire appliquer. Par exemple, l’interdiction du tabac dans les lieux publics à modifier fortement les comportements et par la suite l’attitude vis à du tabac et des fumeurs.

Il y a sans doute d’autres mécanismes, une solution est sans doute d’être capable d’identifier les processus à l’œuvre afin d’en prendre conscience et de pouvoir les interrompre dans une certaine mesure.

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Cahier de vacances : Dear data http://blocnotes.iergo.fr/breve/cahier-de-vacances-dear-data/ http://blocnotes.iergo.fr/breve/cahier-de-vacances-dear-data/#respond Fri, 29 Jul 2016 08:49:24 +0000 http://blocnotes.iergo.fr/?p=4884 Un intéressant échange épistolaire autour de la datavisualisation a été présenté à Sud Web et va déboucher sur un livre.

Dear Data – Stefanie Posavec – Sud Web 2016 from Sud Web on Vimeo.

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Cahier de vacances : Interfaces et sciences fictions http://blocnotes.iergo.fr/breve/cahier-de-vacances-interfaces-et-sciences-fictions/ http://blocnotes.iergo.fr/breve/cahier-de-vacances-interfaces-et-sciences-fictions/#respond Wed, 27 Jul 2016 07:29:57 +0000 http://blocnotes.iergo.fr/?p=4882 Lire la suite

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Chris Noessel: Gorgeous + Catastrophic from Reaktor on Vimeo.

Through the book Make it So (Rosenfeld Media, 2012) and scifiinterfaces.com, Chris has spent years meticulously tracing the lines of influence between designs in sci-fi and the real world. And yes, there are clearly influences. But that does not mean that design in the real world should take its marching orders from sci-fi. Sure, a lot of it is jaw-droppingly beautiful. But some of those same, lovely designs—if implemented—would quickly result in the “usability problems” of severed limbs, munitions craters, mangled bodies, and even the plain old end of the world. Join Chris as he deconstructs enough examples to make us deeply, deeply wary of fetishizing them, and approach sci-fi interfaces with a critical (and still intact) eye.

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Cahier de vacances : Don Norman – The Impact of Persuasion http://blocnotes.iergo.fr/breve/cahier-de-vacances-don-norman-the-impact-of-persuasion/ http://blocnotes.iergo.fr/breve/cahier-de-vacances-don-norman-the-impact-of-persuasion/#respond Mon, 25 Jul 2016 07:06:23 +0000 http://blocnotes.iergo.fr/?p=4870

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Cahier de vacances : Le web dans le monde agricole http://blocnotes.iergo.fr/breve/cahier-de-vacances-le-web-dans-le-monde-agricole/ http://blocnotes.iergo.fr/breve/cahier-de-vacances-le-web-dans-le-monde-agricole/#respond Thu, 21 Jul 2016 07:43:27 +0000 http://blocnotes.iergo.fr/?p=4880 Lire la suite

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Le web dans le monde agricole – Marion Lambert – Sud Web 2016 from Sud Web on Vimeo.

Une conférence champêtre donnée à Sud Web à Bordeaux en 2016.

Marion développe du code et s’est mariée à un agriculteur il y a 7 ans. En 5 minutes elle tente de chasser les gros clichés sur le monde agricole pour nous alerter sur le fait que l’agriculture a aussi besoin de se moderniser notamment en innovant grâce au web et à l’informatique. Cultivons notre terre.

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