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Mon paradoxe Instagram

J’avais d’abord intitulé cet article « LE paradoxe Instagram » mais avec un peu de recul, c’est surtout mon point de vue de (non) utilisateur.

Pour la petite histoire j’avais essayé Instagram à ses débuts, quand c’était encore qu’une application sur iPhone sans site web, qui permettait de prendre des photos avec des filtres. Je l’avais rapidement abandonné au profit d’Hipstamatic, que j’utilise toujours même si je n’arrive pas à prononcer son nom correctement. Puis récemment, je me suis dit qu’il fallait que je m’y remette avec l’envie de partager les photos que je publie déjà sur nonrien.eu et là le drame… Enfin, j’exagère un peu, disons simplement que par deux fois j’ai créé un compte et par deux fois je l’ai supprimé dans la semaine. Je n’y arrive pas, ça me paraît mauvais et rapidement ça me saoule. J’en arrive à la conclusion suivante :

« Instagram, ce réseau où tu regardes de « superbes » photos avec une résolution moisie sur un tout petit écran… »

Puis j’ai vu passer le tweet de Pierre Olivier Carles

« Instagram is killing it more and more. Definitely the place to be right now if you’re a brand, a celebrity or an entrepreneur. »

Ce qui me met la puce à l’oreille, vu que c’est « la place où il faut être ».

Pour revenir à mes tentatives, j’ai à chaque fois ouvert un compte, puis chercher des comptes à suivre inspirant, proche de mes envies, ou au contraire assez éloigné. Bien sûr les premiers comptes proposés sont ceux de star d’Instagram et du monde réel, comme je leur porte aucun intérêt IRL, il va sans dire que c’est la même chose sur Instagram. Après quelques recherches avec des mots-clefs genre « surf » et quelques comptes glanés à droite ou à gauche, je retrouve avec des contenus proches de mes goûts. Mais c’est là le problème, si je lance une nouvelle recherche je retombe sur les mêmes contenus, encore et encore, et ce même si j’efface l’historique de recherche de mon compte.

Après sur l’aspect publication, j’utilise d’autres outils pour prendre des photos, un appareil hybride ou mon iPhone avec des apps spécialisées qui produisent des photos au maximum de la qualité possible de celui-ci. Donc Instagram ne fait pas parti de mon flux de production, mais il pourrait venir en fin comme la publication sur mon site web ou twitter. Ce dernier point pose la question de la qualité qui n’est pas à la hauteur de mes attentes avec une définition de 1080 pixels et surtout une compression jpeg pitoyable qui détruit les détails des photos.

Et encore ce matin en écrivant cet article, un tweet me redirige vers un profil Instagram. Je regarde et encore une fois je trouve ça d’un « chiant » fini. Les photos sont proprettes, le propos gentiment correct, avec une petite dose de placement produit, d’auto-promo et de chats mignons. Une grande majorité de compte se ressemble dans cette mièvritude grasse. Ça résume en trois clichés : un joli paysage, une blogueuse mode/sport/autre en pied pour montrer son look, un plat pris à la verticale et sans oublier ses pieds comme le précise avec humour cette blogueuse.

Dans une moindre mesure, j’avais constaté cette normalisation des publications sur un autre réseau comme 500px qui est spécialisé dans la photo. Les photos populaires sont assez semblables dans leurs constructions et leurs rendus manquant d’âme même si la qualité est bien meilleure que sur Instagram.

Alors pourquoi c’est « the place to be right now » d’un côté et de mon côté, je n’y adhère pas du tout…

Donc si tu es une marque, une star ou un entrepreneur, Instagram répond à quel besoin psychologique (si on peut parler de psycho pour une marque, cf. les UXcards) ? Il répond clairement au besoin d’influence et de popularité. Le ressenti que j’ai eu en utilisant Instagram, c’est d’avoir un réseau très descendant : tu publies, les gens aiment, commentent peu, sans discussions.

Ux card - influence popularité

De mon côté, je suis clairement sur des besoins de types compétences et efficacités, dans un deuxième temps sur le plaisir et la stimulation de découvrir les photos ou le travail des autres. Les autres aspects sont beaucoup moins importants, voir pas du tout.

UX Card - plaisir - stimulation UX card - Compétence efficacité

Les défauts d’Instagram concernant la qualité et le mode publication vont à l’encontre de mon besoin compétences/efficacités. La mièvritude des publications ne va guère dans le sens du plaisir et de la stimulation. Donc, j’ai bel et bien l’impression qu’Instagram n’est pas pour moi. Où alors il faudrait que je l’utilise que dans un sens, celui de faire connaître mon travail photo en publiant que mes photos sans me soucier des autres, ce qui revient un peu à un site web.

Une deuxième idée m’est venue en faisant cet article : si j’essayais de classer les réseaux en fonction des besoins psychologiques de ses utilisateurs ? Par exemple, Facebook, à l’origine du moins, est très centré sur le relationnel et l’appartenance, Linkedin sans doute sur la compétence et l’efficacité, Gens de confiance sur la sécurité et le contrôle ? Twitter ? Pinterest ?

Mais ça sera pour l’année prochaine…

Auteur :

Consultant Freelance en ergonomie et UX depuis 1999 ! Je travaille sur de nombreux supports, des interfaces WIMP à la télévision en passant par les mobiles, le web pour le grand public ou les professionnels.

1 commentaire Ecrire un commentaire

  1. La plupart des réseaux sociaux répondent plus ou moins à un besoin d’influence et de popularité, à mon sens en tout cas.
    Instagram est pour moi un moyen d’avoir accès facilement à une abondance de contenu correspondant à mes hobby, entrer en contact avec des artistes dont le travail me plaît, commenter et échanger avec d’autres partageant les mêmes passions, etc. C’est moins chaotique que tumblr, plus simple que FB (qui n’affiche pas dans mon fil d’actualité la plupart des posts faits par les pages que je suis).
    Qualité à part, trouver du contenu stimulant dépend beaucoup de si la « communauté » de son hobby est très présente sur la plateforme ou non.

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