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Interaction 18, De l’éthique à la fiction.

J’ai eu la chance d’être invité par Adobe à Interaction 18, début février dans l’optique de (re)découvrir Adobe Xd lors d’un atelier puis de suivre la conférence. Alors je vais essayer de faire une synthèse de ce que j’ai vu, entendu et des tendances que j’ai retenues.

Mon ressenti globalement sur la conférence est que tout est « amazing » à commencer par la soirée d’ouverture au musée des confluences. La conférence est très bien organisée, orchestrée et les présentations ont toutes un bon niveau, aussi bien en termes de support que des oratrices et des orateurs. Ça a un côté un peu trop parfait, je n’ai pas vu une conférence présentant une situation d’échec et comment s’en sortir. De même, la majorité des conférences ne vont pas très loin en termes de méthodologie et restent souvent sur de beaux résultats inspirants. Les conférences que j’ai trouvé les plus pertinentes allait justement plus dans le détail et proposaient des solutions plus concrètes.

Les workshops

Pour commencer cette semaine à Lyon, j’ai suivi deux workshops proposé par Amazon et Adobe. Le premier concernait la reconnaissance vocale et plus largement les divers usages autour d’objets connectés de type Alexa, Echos, etc. C’était un donc plus sous la forme d’une présentation longue que d’un véritable atelier, mais ça faisait un petit rappel des points clefs de ce genre de technologie et donc les contraintes qu’il peut y avoir en termes d’interaction. Par exemple, si je demande « Quel temps fait-il ? » ça n’indique pas où et quand, il faut alors le supposer ou le demander. En fait ce n’est pas très « intelligent » comme système c’est surtout une grosse base de données, avec une couche de réseau de neurones.

La reconnaissance vocale

La reconnaissance vocale

Workshop Amazon sur la reconnaissance vocale

Workshop Amazon

Le deuxième atelier concernait Adobe Xd et c’était pour celui-là qu’Adobe m’avait invité. On devait évoquer Adobe Xd en profondeur, mais on a passé beaucoup de temps sur le processus de conception du logiciel et de prise en compte des demandes des utilisateurs chez Adobe. C’est intéressant de voir comment ça se passe et ça explique l’avancement d’Adobe Xd. Après en avoir discuté avec l’équipe Adobe, il en ressort que la grosse majorité des demandes sont issues de l’UI et une minorité de l’UX. Après on a eu un atelier présentant les bases d’Adobe Xd, c’est l’occasion de découvrir quelques fonctions sympas comme les grilles de répétitions et le remplissage rapide en faisant glisser les images ou le texte. Couplé avec un téléphone, il est possible de faire rapidement des démos, mais il manque quelques fonctions clefs comme la possibilité de bloquer (sticky) une partie de l’écran comme le menu ou la barre d’onglet (elle est maintenant disponible). La courbe d’apprentissage me paraît par contre intéressante pour utiliser Adobe Xd dans le cadre d’un Design sprint ou lors de formations courtes sur la base d’un UI kit comme celui d’Apple pour iOS par exemple. C’est au final assez frustrant car on prend en main le logiciel assez rapidement et on atteint aussi rapidement certaines limites. Après la liste de ce qui est prévu dans l’année à venir fait vraiment envie.

Les Keynotes

Alan Cooper a donné le coup d’envoi des trois jours de conférences. Il a rappelé l’importance du rôle du design sur la société et l’impact de ce que l’on conçoit a bon ou à mauvais escient. Il nous invite à être de bons ancêtres, en laissant un souvenir positif aux générations futures. Pour cela il faut réfléchir aux cycles de vie des produits et services que l’on conçoit. Ce discours est assez proche de celui de Mike Monteiro en moins prophétique.

Mon sketchnote de la conférence d’Alan cooper

La keynote qui m’a le plus marqué est celle de Kenya Hara, Designer pour MUJI notamment. Il a abordé deux thèmes : celui du vide « Emptiness » et celui de l’ «ex-formation ». L’idée derrière « emptiness » est de créer du vide, marquer l’espace pour créer le vide, le respecter comme un espace divin et le laisser vivre. Il a travaillé sur cette idée pour la marque MUJI et en a fait le fondement du design, aussi bien pour les objets vendus que l’ensemble des supports. Pour la deuxième idée d’ ex-formation, si l’information c’est ce qu’on sait, l’ex-formation c’est qu’on ne sait pas ou l’information qui n’est pas là. Ça rejoint alors la notion de vide.

Publicité MUJI montrant un désert vide.

Publicité MUJI

Nicolas Nova est revenu sur l’histoire d’un certain nombre d’objets français liés à l’histoire de l’interaction et de l’informatique, comme les métiers Jacquard, de Télétactica ou le minitel. C’était peut-être intéressant pour les non Français, mais un peu déjà vu pour ma part.

Télétactica

Télétactica

Haiyan Zhang a présenté ses projets que vous probablement déjà vu sous la forme de vidéos comme cette montre permettant à une personne atteinte de la maladie parkinson de retrouver une écriture stable. Ces divers projets sont effectivement émouvants, avec un petit côté storytelling à l’américaine !

La dernière keynote a laquelle j’ai assisté était celle de Anab Jain, je dois dire que j’ai eu du mal avec le traitement qu’elle a fait et son ton alarmiste. Elle explique comment elle a créé un système de culture d’intérieur, à base d’orduino et de bacs en plastique dans lesquelles elle fait pousser des champignons. Cette approche techno centrée pour gérer le réchauffement climatique ne me correspond absolument pas.

J’ai malheureusement raté la dernière keynote de Leyla Acaroglu.

Les tendances

C’est toujours difficile de résumé une conférence, mais je vais essayer d’exprimer ce que j’en ai retenu.

La première tendance est bien sûr autour de l’éthique, c’est mouvement de fond depuis plusieurs années, mais je dirai que là, on est plus sur le fond mais bien à la surface. C’est un peu paradoxal, car ça donne lieu un peu à des grands écarts, la conférence d’Alan Cooper était suivie d’une présentation sur la conception d’un miroir assistant pour s’habiller. On passe de l’éthique au futile en 5 minutes.

Ce qui apparaît aussi c’est une meilleure prise en compte de la diversité, avec une attention particulière sur des pays comme l’Inde, les pays d’Afrique, ou les réfugiées dans les camps. L’idée étant de sortir de notre cocon d’Occidentaux où la seule question est de savoir comment on conçoit pour l’iPhone X. On se retrouve avec des soucis à l’autre bout de l’échelle comme concevoir pour des terminaux à 50 $ donc forcément très bas de gamme, où le Go téléchargé coûte une fortune. Les textes sur un même écran peuvent être en plusieurs langues afin d’être sûr que chacun puisse s’y retrouver.

Designer en Inde

Designer en Inde

Du concret et de la recherche utilisateur, c’est ce qui ressort des conférences les plus intéressantes à mon goût. Que ce soit avec la police d’Antwert sur des soucis très concret d’affichage dans les voitures, ou devant la télévision, le principe d’aller voir les utilisateurs dans leurs environnements naturels était au centre de ses démarches, parfois un peu de manières naïves « Oh, les dressings sont en bazar et pas rangés comme sur les photos des magazines ? » ou très construite pour aboutir à des résultats concrets sans forcément déployer des moyens énormes.

Étude sur l'affichage dans les voitures de la police.

Étude sur l’affichage dans les voitures de la police.

Le management des équipes est un sujet qui est revenu souvent, avec divers aspects comme la gestion d’équipes internationales et la perception des critiques suivants les nationalités. Le sujet est abordé souvent avec humour et moult métaphores. Ça passe aussi par la capacité à déléguer des phases du travail comme la recherche utilisateur en mettant en place un cadre permettant de s’assurer du bon déroulement des étapes et de la transmission des informations.

Le dernier thème abordé était autour de l’innovation. Comment innover sans perdre pied avec la réalité et les équipes en production, ou comment trouver des innovations ? Diverses approches ont été présentées ainsi que certaines méthodes pour éviter les travers qu’on peut rencontrer en cherchant à innover à tout prix.

Les pièges de l'innovation et comment les éviter

Les pièges de l’innovation et comment les éviter

Au final, qu’est-ce que j’en retiens ?

Ça été pour moi l’occasion de voir de nombreuses présentations donner par des intervenants internationaux. On se fait souvent des idées sur le monde anglo-saxon de l’UX, mais je pense qu’au final ses ux designers ont les mêmes contraintes et les mêmes difficultés que nous, par contre ils présentent les choses de manières bien plus positives.

En dehors des conférences, je retiendrai aussi les gaufres Adobe Xd et la salle de repos. Oui, une salle de repos, c’est tout simple mais ça permet de faire une petite pause au calme de lors de ces longues journées de conférences. Ça cela aussi l’expérience utilisateur.

Vous pouvez retrouver l’ensemble des conférences en vidéos sur Viméo.

Auteur :

Lead UX designer en Freelance depuis le dernier millénaire ! J'aide à concevoir des services, des applications en étant centré sur l'utilisateur et ses usages.

1 commentaire Ecrire un commentaire

  1. Merci Raphaël, pour ce compte rendu complet et honnête 🙂
    En tout cas, ça a fait plaisir de te compter parmi nous.

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