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Mais où va Mac OS X ?

Apple a annoncé au mois d’octobre 2010 la prochaine version de Mac OS X, Lion. De cette nouvelle version, on ne sait encore que peu de chose, mais en dehors de cela Apple a aussi déposé un certain nombre de brevets.

Dans un premier temps, prenons un peu de recul, sur l’évolution de l’écosystème Apple, puis nous aborderons la question centrale du finder et les diverses pistes envisagées pour faire fonctionner tout cela !

Il y a 10 ans, le hub numérique.

Le 9 janvier 2001, Steve Jobs présentait sa vision stratégique pour Apple en introduisant la notion de hub numérique. Il plaçait ainsi le Mac au centre de la vie numérique des utilisateurs. Cette vie était composée essentiellement d’objets non-Apple, PDA Palm, téléphone Nokia, et autres périphériques.

Depuis, l’environnement a bien changé. La moitié du hub est passé dans le giron d’Apple, de l’iPod à l’iPad en passant par iTunes et l’iPhone. Apple contrôle l’ensemble des interfaces et l’expérience utilisateur. Le centre de gravité du hub s’est déplacé du Mac vers ces périphériques que sont l’iPhone et l’iPad. iOS a pris de l’importance et a mis en place un éco-système réellement adapté au grand public. Un des points clef de cette réussite est l’absence de gestion des fichiers par l’utilisateur.

Il est alors assez tentant d’essayer de réintroduire cette simplicité dans Mac OS X.

Le cœur du problème : le finder.

Le finder et notamment la gestion des fichiers est la pierre angulaire de l’interface utilisateur d’un système d’exploitation. Depuis 2001, Mac OS X a peu évolué sur ce plan là. Quelques fonctions, comme exposé ou les « piles » dans le dock, sont venues agrémenter l’existant mais globalement le cœur reste le même.

Dans « Lion », Apple devrait commencer à chambouler un peu tout cela. Dans la présentation faites en octobre, on voit arriver des éléments de iOS dans Mac OS X :

  • La présentation des applications par pages : « Launchpad ».
  • Des applications en plein écran, sans le menu en haut, mais une barre d’action en bas.
  • Et un app store pour Mac OS X.

Ce dernier point n’est pas réellement lié à l’évolution de Mac OS X. Il permettra notamment une meilleure visibilité pour les développeurs, et facilitera le processus d’achat pour l’utilisateur.

Launchpad.

Lauchpad dans Mac OS X Lion

Le but de cette présentation est reprendre l’existant sur iOS, mais il faut savoir qu’elle existe déjà dans Mac OS X. Cette option est le « bureau simplifié » qui accessible dans les préférences de gestion des comptes.

Certes le bureau simplifié est un peu moins beau et un peu moins fonctionnel que la version prévue dans Lion, mais l’essentiel est là : une organisation par page et un clic ouvre l’application (et non un double-clic).

La difficulté sur Mac OS X, c’est qu’il est nécessaire de satisfaire les experts et les novices, ceux qui utilisent un Mac depuis plus de 20 ans et ceux qui le découvrent récemment par l’intermédiaire de l’iPhone et l’iPad. Il faut donc un système adaptable, qui va conduire l’utilisateur d’une utilisation basique à une utilisation avancée. Il ne doit pas y avoir de rupture dans cette progression. Le travail de Launchpad va être d’assurer cette transition.

Le bureau simplifié existant.

Les applications en plein écran.

iPhoto en plein écran.

Là encore ce n’est pas particulièrement une nouveauté. Ce qui est nouveau c’est que cela soit mis en avant.

Plusieurs applications, Pages (l’éditeur de texte Apple) ou iPhoto propose déjà un mode plein écran. Il faut voir dans cette mise en avant un souhait d’assurer une cohérence avec les applications iPad et iPhone, voir avec les interfaces simplifiées que propose le Web (MobileMe). De nombreux nouveaux utilisateurs de Mac OS X arrivent du monde Windows où les applications sont majoritairement en SDI (Single Document Interface ; Pour chaque document ouvert, une instance de l’application est ouverte.). Le mode plein écran devrait permettre de faciliter la transition d’un monde à l’autre.

Il faut aussi comprendre que dans ce mode là, le nombre de fonctions disponibles est réduit à celles qui sont contextuelles à la présentation. Cela permet de se concentrer sur l’essentiel et comme les fonctions inutiles ne sont pas présentes cela réduit la charge cognitive et diminue le temps nécessaire pour trouver la bonne fonction. La facilité d’usage pour le novice (ou un public maîtrisant peu l’outil informatique) sera donc renforcée.

Le gestionnaire de fichiers.

Présentation en colonnes

C’est le cœur du problème. Gérer ses fichiers sur une disquette 512 ko, c’était relativement facile, une disquette correspondait un document, un projet, un centre d’intérêt ou une application. Depuis ces temps pré-internet, la gestion des fichiers a bien évolué. Les fichiers sont stockés un peu n’importe où sur le disque dur, sur internet ou sur un serveur. La quantité de fichiers s’est démultipliée. Au final, l’utilisateur n’arrive plus à se représenter l’intégralité de ces données et encore moins de savoir ou elles se situent physiquement.

Il n’existe pas de solutions miracles pour résoudre le problème (sinon, j’aurai déposé le brevet !). On peut améliorer la recherche, la présentation de l’information, la visualisation de l’arborescence ou ajouter des effets permettant de faciliter l’interaction. Dans l’exemple ci-contre, issu d’un brevet Apple, la visualisation par colonnes est améliorée pour permettre de voir l’ensemble de la hiérarchie sur une largeur d’écran moindre. Les colonnes se superposent au lieu d’avoir un ascenseur horizontal.

Plus que de chercher des solutions pour le gestionnaire de fichier, je pense que celui-ci va passer au second plan et que de plus en plus d’applications vont gérer elles-même leurs données. iTunes gère déjà la musique, les vidéos, iPhoto ou Aperture, les photos, Mail, les emails, etc… Les applications qui ont besoins d’importer des données d’un certain type, appelleront alors l’application les gérants.

« One more thing ».

En fait plusieurs choses !

Interface futuriste dans le film

Le multitouch.

Le multitouch vertical n’existera jamais chez Apple. C’est Steve Jobs qui l’a dit, donc aucune chance que cela change ! Et je dirai tant mieux. La première raison est simplement ergonomique. Tenir son bras au-dessus d’un angle de 30° par rapport à la verticale, nécessite un fort musculaire important qui ne peut pas être prolongé.

En plus celui qui osera mettre ses sales doigts sur mon écran, n’est pas encore né. « Y en a qui ont essayé… »

Par contre, il est probable que le touchpad sera de plus en plus grand et de plus en plus sollicité avec ou sans la souri. Le lauchpad prend alors tout son sens, passer de page en page est plus simple et plus intuitif avec un geste du doigt, qu’en essayant de cliquer sur une petite zone de l’écran.

Brevet sur un Touchpad étendu.

Gagner du temps.

Une petite amélioration, qui peut paraître anodine, c’est que les applications ne seront plus fermées, mais simplement mise en veille comme sur l’iPhone. Le réveil d’une application sera quasiment instantané. C’est un gain de temps, un détail, qui apporte un confort à l’utilisateur non négligeable. L’utilisateur reste dans l’action qu’il est en train de faire sans pause.

D’un autre coté, j’ai souvent observé des utilisateurs qui fermaient tous les documents ouverts, sans fermer l’application elle-même. Avec ce système on retrouvera sans doute une gestion automatique de la mémoire. Une application inactive depuis un moment verra son état enregistré sur le disque dur, et les ressources (RAM, Processeur, réseau) qu’elle occupait, libérées.

Alors où va Mac OS X ?

Ce premier aperçu du futur de Mac OS X est pour moi la traduction de trois objectifs assez proches :

  • Faciliter le passage de iOS vers Mac OS X, notamment pour les anciens utilisateurs de Windows.
  • Faciliter la prise en main par tous les publics, notamment les moins férus d’informatiques.
  • Faire évoluer l’existant en intégrant de nouvelles technologies.

Comme souvent, l’exercice est difficile car il faut faire évoluer les interfaces sans révolutionner les habitudes, le tout dans une expérience utilisateur globale.

Source : Distributeur officiel de brevets Apple : macbrains.info

Auteur :

Consultant Freelance en ergonomie et UX depuis 1999 ! Je travaille sur de nombreux supports, des interfaces WIMP à la télévision en passant par les mobiles, le web pour le grand public ou les professionnels.

4 commentaires Ecrire un commentaire

  1.  » Le centre de gravité du hub *s’est* déplacé du Mac vers… »

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  2. Excellente synthèse qui rejoint une discussion que j’avais dernièrement avec un informaticien se plaignait de l’absence de file system sur iOS.

    Ma réponse a été: Ma mère ne sait pas où sont ses photos ou sa musique. Pour regarder ses photos, elle va sur iPhoto. Pour la musique, elle va sur iTunes. Aller sur Pages (ou Word) pour trouver ses textes lui semblera purement logique. Le file system est une construction historique incompréhensible pour des profanes (95% des utilisateurs, au pif) qui se fichent éperdument de savoir « où » sont leurs fichiers sur le disque dur. Il va certainement rejoindre la ligne de commande dans les entrailles de l’OS, là où seuls les « power users » s’aventurent.

    En résumé, mieux vaut se faire à l’idée que la gestion de fichiers se fera par les logiciels. Cela simplifiera grandement la vie de 95% des utilisateurs et c’est tant mieux.

    PS: et merci pour la mention 😉

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  3. Personnellement j’aimerai rebondir sur la question de l’accessibilité et du multi-touch.

    Je suis personnellement amputé de l’avant bras droit et je dois avouer que même si apple reste très avancé dans la gestion de l’accessibilité par rapport à son homologue de redmond, comment vais je faire pour effectuer un swipe et effectuer une action sur le clavier.

    Je me demande donc si toutes ses « révolutions » vont me faire gagner du temps ou au contraire me faire perdre du temps et augmenter la frustration liée à l’incapacité d’avoir accès à certaines actions censées me faire gagner du temps.

    PS : je parle bien sur en mon nom et aussi au nom des personnes dans mon cas ou atteinte d’handicap plus lourds.

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    • Je ne suis pas en mesure de répondre précisément pour votre cas, mais généralement une fonction est toujours accessible par plusieurs moyens. L’utilisation du multitouch n’est qu’un raccourci parmi d’autres. Sur le Launchpad, par exemple, il probable que pour changer de page, il sera possible de faire flèche droite/gauche, glisser sur le touchpad ou glisser sur une souri, et sans doute cmd+H pour accéder directement à l’accueil.

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